Mamane Abou, le pionnier de la presse nigérienne, est décédé

CC BY-SA 4.0/Adamaou Fodi Salahadine Niamey, la capitale du Niger, vue de la rive droite.

Il avait créé dans les années 1990 Le Républicain, l’un des premiers titres de presse au Niger. Un média dont il est resté directeur de publication jusqu’à sa mort lundi à Niamey, et autour duquel il avait bâti une entreprise de presse en créant la Nouvelle imprimerie du Niger, l’une des plus grandes en Afrique de l’Ouest.

 La presse nigérienne rend hommage à un journaliste professionnel, un défenseur des droits de l’homme et de la démocratie.

Tam-Tam Info salue un journaliste « très rigoureux et responsable, [qui] signait lui-même ses éditoriaux engagés et passionnés. Sa mort laissera un grand vide difficile à combler ». NigerInter rend hommage à « un grand journaliste, républicain dans l’âme, défenseur des droits humains ». 

Sur les réseaux sociaux, ses confrères témoignent. Un journaliste nigérien Laouali Aminou, écrit : « plusieurs fois, nous avions publié le journal Alternative « à crédit » parce que Mamane Abou croyait aux valeurs que nous défendons. »

Mamane Abou était militant du parti au pouvoir, mais il n’hésitait pas à critiquer et dénoncer des pratiques de corruption, ce qui lui a valu d’être emprisonné plusieurs fois pour son engagement. Sa dernière enquête, parue en 2019, mettait à jour le détournement des fonds alloués à la lutte contre le terrorisme au ministère de la Défense.

 Il était absent de la scène publique depuis un moment pour cause de maladie. Il y a quelques années, Mamane Abou avait été victime d’un AVC dont il ne s’est jamais remis. Il sera inhumé ce jeudi à Belbedj, son village natal, à 1 200 km de Niamey.

 

       Source : rfi