Le Fonds monétaire international (FMI) exige de la Guinée un recouvrement des dettes fiscales avant un nouveau programme de soutien financier à ce pays dirigé par des militaires, a affirmé mardi le ministre guinéen de l’Economie.
Une mission du FMI, présente depuis le 18 février à Conakry, doit achever ses travaux mercredi. Elle est destinée à faire un état des lieux de l’aide accordée par le Fonds et à dessiner ses relations futures avec la Guinée, un des premiers exportateurs mondiaux de bauxite. La mission “a présenté au Premier ministre (Amadou Oury Bah) les actions préalables à la mise en place de ce programme” dont la fixation “du prix de référence de la bauxite et un calendrier pour le recouvrement des arriérés de dettes fiscales”, a déclaré à la presse le ministre de l’Economie et des Finances Mourana Soumah, sans préciser de montant.
“C’était une rencontre d’orientation qui nous permettra de mener des discussions simples afin de finaliser définitivement ce programme” triennal de soutien financier attendu du FMI, a ajouté M. Soumah, après une rencontre avec la délégation du Fonds. Il a affirmé prévoir une présentation de la requête financière au Fonds “au plus tard le 1er mai”, sans indiquer de somme.
Le président ghanéen John Dramani Mahama envisage de solliciter des financements supplémentaires auprès du Fonds monétaire international.
Le FMI a discuté avec les autorités guinéennes de l’utilisation des fonds mis à leur disposition par l’institution, a déclaré à la presse la cheffe de cette mission, Pilar Garcia Martinez. Le montant de ces fonds et la période concernée n’ont pas été indiqués. “Nous avons continué les discussions sur le programme de soutien de FMI que les autorités guinéennes ont demandé. Nous sommes ici pour soutenir leur agenda de réforme”, a-t-elle poursuivi.
Malgré les ressources importantes de son sous-sol, la Guinée, pays ayant régulièrement connu des dictatures depuis son indépendance en 1958 demeure l’un des pays les moins développés au monde. Elle est dirigée par des militaires depuis un coup d’Etat en 2021. Sous pression internationale, les militaires s’étaient initialement engagés à organiser un référendum constitutionnel et à transférer le pouvoir à des civils élus avant fin 2024, mais aucune de ces promesses n’a été tenue.