Burkina Faso : l’armée donne 14 jours aux populations pour quitter les zones d’intérêt militaire

L’armée burkinabè a donné quatorze jours aux populations pour quitter les zones d’intérêt militaire dans les régions de l’Est et du Sahel burkinabè, où des opérations militaires seront menées bientôt dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, a annoncé vendredi, lors d’un point de presse le commandant des opérations du théâtre national le lieutenant-colonel Yves Didier Bamouni.

« Dans ces zones, il est interdit toute présence et activité humaine, au risque de s’exposer aux opérations militaires qui y seront conduites. Un délai de 14 jours, à compter de la date de promulgation de l’ordonnance, sera accordé aux populations pour quitter lesdites zones », a déclaré Bamouni.

Il a souligné que ces zones d’intérêt militaire sont essentiellement des zones forestières qui abritent des groupes terroristes et dans lesquelles l’activité humaine était déjà interdite par des textes.

« On ne doit donc pas s’attendre à recevoir des flux de personnes. Qu’à cela ne tienne, si cela devait arriver, le dispositif humanitaire est en place pour recevoir ces personnes pour les aider sur les volets abris, alimentation et santé. Le dispositif sécuritaire est aussi en place pour permettre de lever les doutes sur toute infiltration qui pourraient se passer », a-t-il dit.

Lors de cette conférence de presse, Bamouni a également annoncé une mesure consistant à interdire la circulation d’engins motorisés dans les zones à fort défis sécuritaires pendant trois mois.

Cette mesure concerne huit régions sur les treize que compte le Burkina Faso. Cependant, a-t-il précisé, les autorités administratives de ces régions, devraient dans les jours à venir, préciser les provinces, communes et villages concernés par cette interdiction.

Depuis 2015, le Burkina Faso est en proie aux attaques terroristes qui ont fait de nombreuses victimes et plus de 1,9 millions de déplacés internes. La dernière attaque la plus meurtrière en date a été enregistrée dans la nuit du 10 au 11 juin contre la commune de Seytenga dans le Sahel, avec comme bilan officiel 86 civils tués.

Cette attaque a aussi occasionné le déplacement de 31 201 personnes vers la ville de Dori, chef-lieu de la région du Sahel, selon le ministère en charge de l’Action humanitaire du Burkina Faso.

Anadolu Agency