Présidentielle au Niger : second tour validé entre Mohamed Bazoum et Mahamane Ousmane

© Illustrations JA © Mahamane Ousmane et Mohamed Bazoum.

La Cour constitutionnelle a validé dimanche le duel entre le candidat du pouvoir Mohamed Bazoum et l’ex-président Mahamane Ousmane. Le second tour de l’élection aura lieu le 21 février.

La Cour, qui devait trancher sur des recours déposés par des candidats et valider les résultats provisoires publiés par la Commission électorale après le 1er tour du 27 décembre, ne s’était pas encore prononcée. Elle « constate qu’aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue des suffrages au premier tour » et que Mohamed Bazoum a obtenu 1.879.629 voix soit 39,3% et Mahamane Ousmane 812.412 voix soit 16,98%, selon son président Bouba Mahamane qui a lu l’arrêt au siège de la Cour durant la nuit de samedi à dimanche à Niamey.

Les chiffres sont sensiblement les mêmes que ceux publiés début janvier par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) : Mohamed Bazoum, ancien ministre de l’Intérieur, était crédité de 39,33% des suffrages contre 16,99% pour l’ex-président Mahamane Ousmane.

L’ex-Premier ministre Seïni Oumarou est arrivé 3e avec 8,95% et Albabé Abouba 4e avec 7,07% des voix, a détaillé la Cour.

Négociations

Le taux de participation est de 69,68%, soit 5,1 millions de votants. L’annulation, partielle ou totale du premier tour réclamée par des candidats de l’opposition a été rejetée.

Les deux candidats doivent pour le second tour engager des négociations avec les 28 autres candidats malheureux, mais elles s’annoncent compliquées.

Dix-huit partis d’opposition dont celui de Mahamane Ousmane, rassemblés au sein de la coalition Cap 20-21, ont appelé les candidats recalés au premier tour à se rallier à la candidature de l’ex-président.

Pour un second tour « transparent »

Bénéficiant de l’appui de Hama Amadou, principal opposant écarté du scrutin pour une condamnation dans une affaire de trafic de bébés, Cap 20-21 a déjà menacé de ne pas reconnaître les résultats du second tour s’il n’est pas « transparent et honnête, sans bourrages d’urnes ».

Dix autres candidats malheureux du premier tour parmi lesquels l’ancien président Salou Djibo ont formé une seconde alliance, l’Alliance des candidats pour le changement (ACC), proposant leur soutien au second tour « à tout candidat intéressé », moyennant un partage du pouvoir ensuite.

Le score cumulé des candidats l’ACC ne dépasse pas 10%. Mi-janvier, entre les deux tours, l’opposition nigérienne a repris sa place à la Céni qu’elle boudait depuis 2017.

  Source: Jeune Afrique