Audit du ministère de la Défense au Niger: le directeur du journal «Le Courrier» arrêté

Boureima HAMA / AFP Les forces de sécurité dans les rues de Niamey au Niger, mars 2020.

Au Niger, le journaliste Ali Soumana a été arrêté, dimanche 12 juillet, après une convocation dans les locaux de la police judiciaire de Niamey. Il est actuellement en garde à vue. On lui reproche d’avoir écrit et diffusé de fausses informations concernant l’affaire de l’audit au ministère de la Défense.

 Ali Soumana est le directeur de la publication du journal Le Courrier qui a publié un article la semaine dernière sur les suites judiciaires de l’affaire de l’audit au ministère de la Défense qui ont coûté 76 milliards de FCFA, selon une première version, ramenés à 24 milliards de FCFA après une enquête de la police judiciaire.

L’article du Courrier affirme que des fournisseurs de matériel militaire, accusés de malversations, seraient actuellement entendus par l’Agence judiciaire de l’État (AJE), une agence chargée de régler les contentieux et de s’entendre à l’amiable, sur les montants à rembourser. Ils échapperaient ainsi aux poursuites, selon le journal.

L’article a été partagé plusieurs fois sur les réseaux sociaux, mais pour maître Ahmed Mamane, avocat d’Ali Soumana, son client n’est pas responsable de cette diffusion puisqu’il ne dispose pas de compte facebook.

Il affirme aussi que le journaliste n’a pas écrit de fausses informations. « En effet », dit-il, « comment l’Etat et les accusés peuvent-ils se mettre d’accord sur des dommages et intérêt sans que le juge d’instruction n’ait établi s’il y avait bel et bien un préjudice ? » Selon lui, en vertu de la présomption d’innocence, c’est à la justice de dire s’il faut rembourser et combien il faut rembourser, et non pas à une agence étatique.

 Joint par RFI, le procureur de la République explique, au contraire, que des accords sur des réparations civiles peuvent être trouvés sans empêcher la procédure pénale en cours. Il rappelle que le doyen des juges d’instruction est d’ailleurs saisi de l’affaire, depuis le 1er juillet.

Parallèlement, c’est ce mardi 14 juillet que le procès d’une autre journaliste bloggeuse, Samira Sabou, doit avoir lieu au Niger. La journaliste est poursuivie pour diffamation par le fils du président Issoufou. Il a porté plainte car un commentaire, laissé par un tiers sous un article publié sur la page facebook de Samira Sabou, le mettait en cause dans cette même affaire de malversations au ministère de la Défense.

 

       Source : rfi