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BURKINA FASO : Lutte contre les pesticides : un jardinier déclare : « Je n’utilise pas de pesticides sur mes salades… Je suis le premier consommateur de ma salade»

Le danger lié à l’utilisation des pesticides et autres produits chimiques dans l’activité agricole a fait ses preuves au Burkina Faso. Pour ceux qui s’en souviennent, le 1er Septembre 2019, une intoxication alimentaire par la manipulation des pesticides a coûté la vie à 13 personnes dans le village de Lapiou, commune de Dydir dans la province du Sanguie. Quelques jours plus tard, le 9 septembre 2019, les autorités ont été alertées des cas de décès de cinq personnes à Pouytenga dans la région du Centre-Est, à cause d’une autre intoxication alimentaire similaire. Toutefois, les jardins potagers, continuent de déverser sur le marché des aliments qui sont consommés crues par les populations. Y a-t-il une sensibilisation en cours ? Les producteurs de ces denrées alimentaires sont-ils suffisamment alertés ? C’est une inquiétude qui nous a motivée à faire un petit tour chez les jardiniers de Ouagadougou.

17 Nov 2019    
Daouda Zampaligre arrosant son jardin de salade. Daouda Zampaligre arrosant son jardin de salade. Crédit Photos : Eric Bamouni/08-11-2019/Nonsin-Barrage

 

Daouda Zampaligre est marié et père de six enfants, il fait de la maraicheculture dans un bas-fond connecté au barrage de Nonsin. Son espace d’exploitation agricole est situé à quelques mètres du pont qui sépare le quartier Nonsin au quartier Rimkieta dans l’arrondissement 4 de la ville de Ouagdougou. Il produit principalement de la salade dans son jardin potager, « Je produis moi-même mes semences de salade, je n’achète pas les semences de la boutique » a-t-il laissé entendre. Nous avons passé un peu de  temps avec lui, dans l’après-midi du vendredi 8 Novembre 2019 pour avoir plus de détails sur ses pratiques culturales et la rentabilité de son activité dans un contexte sécuritaire très tendus.

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Crédit Photos : Eric Bamouni/08-11-2019/Nonsin-Barrage

Repiquage de plantule de salade

Avec son neveu Abdoulaye, élève en classe de 3eme, ils repiquent les plantules de salade sur des planches en formes rectangulaires bien labourées et bien arrosées. « Je fais ce travail depuis mon enfance, je l’ai appris au village avec mes parents. Cela fait six ans que je suis installé ici, j’ai décidé de venir à Ouagadougou parce qu’à Ouagadougou, on achète à bon prix. Au village c’est dur, vous travaillez, et pendant la récolte on n’achète pas bien ou on n’achète même pas ». L’écoulement à bon prix de sa production sur le marché est la justification de son exode du village vers la capitale Ouagadougou. Ici dans ce bas-fond, Daouda Zampaligree exploite un terrain bien délimitée de 600 m2 (30m/20m). Selon lui, de la pépinière à la récolte, la durée du cycle de production des feuilles de salade est de 40 à 50 jours.

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 Crédit Photos : Eric Bamouni/08-11-2019/Nonsin-Barrage

Semence de salade en phase de maturité dans le jardin de M. Zampaligre

 

Interrogé sur l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques, Monsieur Zampaligre s’explique : « Je n’utilise pas de pesticides sur mes salades, j’ai appris par la radio comment cette année, les pesticides ont causé la mort des gens à Dydir et a Pouytenga, je suis le premier consommateur de ma salade, si on tue nos clients, qui va acheter nos récoltes. Et sachez que je produis moi-même mes semences de salade, je n’achète pas les semences de la boutique. Premièrement parce que c’est économique, cela me fait moins de dépenses et deuxièmement je connais d’où viennent mes semences. En ce qui concerne l’engrais, je l’utilise en association avec le fumier. J’achète le fumier chez les éleveurs et les propriétaires de fermes ». Il poursuit : « Une charrette bien pleine de fumier peut coûter 2500 f cfa. Quand vous utilisez l’engrais seulement, après une ou deux récoltes le sol devient sec, mais le fumier rend le sol moue et permet à la salade de bien se développer.  Une charrette bien pleine de fumier peut coûter 2500 f cfa. Quand vous utilisez l’engrais seulement, après une ou deux récoltes le sol devient sec, mais le fumier rend le sol moue et permet à la salade de bien se développer »

fumierorganique Crédit Photos : Eric Bamouni/08-11-2019/Nonsin-Barrage.  

Abdoulaye, remuant le fumier.

Parlant de la rentabilité de son activité, il affirme ceci « Je ne suis pas le seul producteur de salade ici, quand nous récoltons ensemble, le prix baisse, quand ce n’est pas le cas on réalise des bénéfices. Mais ce que je peux vous dire, quelques soit les circonstances, après la vente de toute ma récolte, je peux gagner entre 150 mille CFA et 200 mille CFA dans un temps maximum de travail de 50 jours ». Avec ces revenues il arrive subvenir aux besoins quotidien de sa famille et à payer l’école de ses enfants. Cependant, l’activité de Zampaligre n’est pas épargnée par la crise sécuritaire que traverse le pays. La baisse du pouvoir d’achat au sein de la population entraine systématiquement une baisse de la demande en salade. Il affirme avoir réduit de moitié la production pour cause mévente. « Nous sommes touchés par la guerre qui se passe dans le pays, actuellement je suis obligé d’envoyer chaque fois de l’argent au village pour soutenir les parents, et ici aussi on n’achète plus comme avant » nous a confié notre jardinier, qui n’a pas manqué de souhaiter que la paix reviennent le plus vite possible au pays des hommes intègres.

Balele Eric BAMOUNI

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