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Guinée : qui pour diriger la transition ?

Un vent nouveau d’espoir semble souffler sur la Guinée depuis le dimanche 5 septembre 2021 (septembre des révolutions !). Ce mardi 7, personne n’aurait parié 72 heures auparavant sur une telle issue même si tous les ingrédients étaient réunis et le pays au bord de l’implosion politique, économique et sur le plan du leadership. Le discours fondateur du Comité national de rassemblement et du développement (CNRD) lu par son leader, le major Mamady Doumbouya, commandant de l’unité d’élite des forces spéciales qui a mis fin dimanche au petit matin, à 11 ans de pouvoir, semble être plein de sens, de rhétoriques révolutionnaires mais surtout de patriotisme désintéressé. Sauf que la prudence est de mise.

En effet, la Guinée est un carrefour des grands rendez-vous manqués avec l’histoire ces quatre dernières décennies, contrairement aux heures glorieuses de la lutte anticolonialiste et anti-impérialiste. Les mots de l’ancien légionnaire de l’armée française semblent suffisamment forts pour nous amener à croire à ses bonnes intentions : « Le geste que nous posons aujourd’hui n’est pas un coup d’État mais une action inaugurale permettant de créer les conditions d’un État. Plus précisément, un État droit. Car l’histoire politique de notre pays, marquée par des violences, des injustices et inégalités, prouve qu’en Guinée, la volonté du plus fort a toujours supplanté le droit, et donc que depuis l’accession à l’indépendance, l’esprit autoritaire a triomphé sur l’esprit du juste et du raisonnable. Et c’est d’ailleurs parce que nous jugeons cette situation profondément anormale et injustifiable que nous avons décidé d’agir, de poser un geste autour duquel nous voulons mobiliser toutes les bonnes consciences afin de sortir notre pays de la malédiction politique », déclarait-il après son « coup ».

Puissent ces déclarations se joindre aux actes qui seront posés par le CNRD car l’histoire semble se répéter indéniablement. C’est en tout cas le vœu de centaines de milliers de Guinéens qui, depuis dimanche soir, ne cachent pas leur sentiment de joie. Car il y a 13 ans, un groupe, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), dirigé par un certain capitaine, Moussa Dadis Camara, s’était érigé en sauveur contre un système qui a perduré durant 26 ans au pouvoir, suscitant l’enthousiasme du peuple révolutionnaire de Guinée. La suite appartient à l’histoire. S’accommodant du même système, son élan révolutionnaire s’est vite mué en ambitions politiques, encouragées par les mêmes pions du système qu’il avait congédié et succombant aux sirènes ethnico-politiques qui l’induiront en erreur et le pousseront à dévier de son combat fondateur. L’homme fort du 5 septembre 2021 devra donc savoir que le système laissé par le président déchu et ses intérêts sont suffisamment puissants et persuasifs pour rester très prudent afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Les irréductibles permanents du système, spécialistes des retournements de veste, pour certains depuis la première République tapissent l’administration publique guinéenne, jusqu’au plus haut sommet de l’État. Les gouvernants successifs qui ont dirigé le pays, étant généralement plus soucieux de conserver leur pouvoir, se sont appuyés sur eux pour perpétuer la continuité et l’appauvrissement des populations.

En l’état, peu de Guinéens peuvent prétendre faire partie de cette Transition. D’une manière ou d’une autre, les élites guinéennes se sont presque totalement compromises à travers les régimes successifs au gré des jeux d’intérêts. Comme on dit, on ne peut pas refaire du neuf avec du vieux. Même au-delà des politiques, tous les secteurs de la vie de la Nation sont infiltrés par ces collaborateurs d’un autre genre qui déroulent le tapis rouge aux dictateurs, et broient les révolutionnaires. Déjà, il faudrait comprendre qu’ils ont déjà retourné leurs vestes, comme à leurs habitudes en pareilles circonstances. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ils sont déjà en ordre de bataille pour annihiler la révolution naissante et la phagocyter afin de perpétuer le système. Ils ont déjà commencé à s’agiter…

Peu d’hommes sortent du lot sur la base de leur intégrité et leur probité morale pour faire partie de cette transition. Le colonel Mamady Doumbouya devra s’attaquer au système qu’il faut démanteler et ranger définitivement au garage de l’histoire. Les détenus politiques devront recouvrer leurs libertés, mais la promesse du colonel « nous n’allons plus confier la politique à un homme, nous allons la confier au peuple » ne doit pas être d’une résonance creuse. Et les « bonnes consciences » à mobiliser pour sortir le pays de « la malédiction politique » n’auront pas droit à l’erreur, au vu de l’histoire politique du pays.

07 Sep 2021    
Des membres des forces armées guinéennes, ici le 5 septembre 2021 à Conakry. ©AFP Des membres des forces armées guinéennes, ici le 5 septembre 2021 à Conakry. ©AFP

Un vent nouveau d’espoir semble souffler sur la Guinée depuis le dimanche 5 septembre 2021 (septembre des révolutions !). Ce mardi 7, personne n’aurait parié 72 heures auparavant sur une telle issue même si tous les ingrédients étaient réunis et le pays au bord de l’implosion politique, économique et sur le plan du leadership. Le discours fondateur du Comité national de rassemblement et du développement (CNRD) lu par son leader, le major Mamady Doumbouya, commandant de l’unité d’élite des forces spéciales qui a mis fin dimanche au petit matin, à 11 ans de pouvoir, semble être plein de sens, de rhétoriques révolutionnaires mais surtout de patriotisme désintéressé. Sauf que la prudence est de mise.

En effet, la Guinée est un carrefour des grands rendez-vous manqués avec l’histoire ces quatre dernières décennies, contrairement aux heures glorieuses de la lutte anticolonialiste et anti-impérialiste. Les mots de l’ancien légionnaire de l’armée française semblent suffisamment forts pour nous amener à croire à ses bonnes intentions : « Le geste que nous posons aujourd’hui n’est pas un coup d’État mais une action inaugurale permettant de créer les conditions d’un État. Plus précisément, un État droit. Car l’histoire politique de notre pays, marquée par des violences, des injustices et inégalités, prouve qu’en Guinée, la volonté du plus fort a toujours supplanté le droit, et donc que depuis l’accession à l’indépendance, l’esprit autoritaire a triomphé sur l’esprit du juste et du raisonnable. Et c’est d’ailleurs parce que nous jugeons cette situation profondément anormale et injustifiable que nous avons décidé d’agir, de poser un geste autour duquel nous voulons mobiliser toutes les bonnes consciences afin de sortir notre pays de la malédiction politique », déclarait-il après son « coup ».

Puissent ces déclarations se joindre aux actes qui seront posés par le CNRD car l’histoire semble se répéter indéniablement. C’est en tout cas le vœu de centaines de milliers de Guinéens qui, depuis dimanche soir, ne cachent pas leur sentiment de joie. Car il y a 13 ans, un groupe, le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), dirigé par un certain capitaine, Moussa Dadis Camara, s’était érigé en sauveur contre un système qui a perduré durant 26 ans au pouvoir, suscitant l’enthousiasme du peuple révolutionnaire de Guinée. La suite appartient à l’histoire. S’accommodant du même système, son élan révolutionnaire s’est vite mué en ambitions politiques, encouragées par les mêmes pions du système qu’il avait congédié et succombant aux sirènes ethnico-politiques qui l’induiront en erreur et le pousseront à dévier de son combat fondateur. L’homme fort du 5 septembre 2021 devra donc savoir que le système laissé par le président déchu et ses intérêts sont suffisamment puissants et persuasifs pour rester très prudent afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Les irréductibles permanents du système, spécialistes des retournements de veste, pour certains depuis la première République tapissent l’administration publique guinéenne, jusqu’au plus haut sommet de l’État. Les gouvernants successifs qui ont dirigé le pays, étant généralement plus soucieux de conserver leur pouvoir, se sont appuyés sur eux pour perpétuer la continuité et l’appauvrissement des populations.

En l’état, peu de Guinéens peuvent prétendre faire partie de cette Transition. D’une manière ou d’une autre, les élites guinéennes se sont presque totalement compromises à travers les régimes successifs au gré des jeux d’intérêts. Comme on dit, on ne peut pas refaire du neuf avec du vieux. Même au-delà des politiques, tous les secteurs de la vie de la Nation sont infiltrés par ces collaborateurs d’un autre genre qui déroulent le tapis rouge aux dictateurs, et broient les révolutionnaires. Déjà, il faudrait comprendre qu’ils ont déjà retourné leurs vestes, comme à leurs habitudes en pareilles circonstances. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ils sont déjà en ordre de bataille pour annihiler la révolution naissante et la phagocyter afin de perpétuer le système. Ils ont déjà commencé à s’agiter…

Peu d’hommes sortent du lot sur la base de leur intégrité et leur probité morale pour faire partie de cette transition. Le colonel Mamady Doumbouya devra s’attaquer au système qu’il faut démanteler et ranger définitivement au garage de l’histoire. Les détenus politiques devront recouvrer leurs libertés, mais la promesse du colonel « nous n’allons plus confier la politique à un homme, nous allons la confier au peuple » ne doit pas être d’une résonance creuse. Et les « bonnes consciences » à mobiliser pour sortir le pays de « la malédiction politique » n’auront pas droit à l’erreur, au vu de l’histoire politique du pays.

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