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Un rapport montre des transferts d’argent entre la Somalie et des trafiquants d’armes au Yémen

Y a-t-il un lien entre la Somalie et les armes de la guerre civile au Yémen ? L’organisation Global Initiative a mené une enquête pendant plusieurs années. Son rapport met en lumière un système utilisant les transferts d'argent par téléphone au départ du nord-est de la Somalie.

18 Sep 2020    
Un homme se tient sur les débris d'un bâtiment bombardé par la coalition arabe menée par Riyad, à Sanaa, le 2 juillet 2020. Un homme se tient sur les débris d'un bâtiment bombardé par la coalition arabe menée par Riyad, à Sanaa, le 2 juillet 2020. REUTERS/Khaled Abdullah

 Pendant six ans, l’ONG Global Initiative a analysé les transactions financières par téléphone depuis Bossasso, et les a liées à des données provenant d’appareils cellulaires. Résultat : 176 transferts seraient connectés à des marchands d’armes présumés, notamment au Yémen.

Quatre hommes, destinataires de grosses sommes, sont visés. L’un d’eux, Sayf Abdulrab Salem al-Hayashi, est même sous sanction du Trésor américain depuis 2017, car soupçonné d’aider al-Qaïda dans la péninsule arabique. Il y a donc là un lien possible avec le terrorisme.

 Une partie des opérations dépasse le plafond légal

Les transferts d’argent par téléphone, appelés « Hawala », sont très utilisés par les Somaliens qui pour la plupart n’ont pas de comptes bancaires. Une méthode qui sert également aux humanitaires pour envoyer de l’aide, mais le rapport dévoile de nombreuses failles. Deux-tiers des opérations sont au-dessus du plafond de 10 000 dollars. Une limite légale qui devrait envoyer une alerte automatique aux autorités. Un homme aurait même utilisé 24 noms différents.

Les quatre sociétés somaliennes épinglées disent qu’elles n’autorisent pas ces pratiques. Amal Express et Iftin Express accusent néanmoins le rapport d’avoir produit de faux documents. La Banque centrale elle a promis une enquête.

Jay Bahadur, l’auteur de l’enquête dit qu’il ne faut pas couper ces sociétés du système, car ça pénaliserait trop de familles. Il demande davantage de rigueur dans le respect des lois. Sauf que les institutions somaliennes manquent cruellement de moyens pour réguler le système.

   Source : rfi

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