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Guerre au Tigré : pour la première fois, l’Erythrée reconnaît sa participation dans le conflit en Ethiopie

Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, l’Erythrée a promis de retirer ses troupes au Tigré, où les combats sévissent depuis début novembre.

17 Avr 2021    
Des membres de milices de la région Amhara montent dans leur camion pour aller affronter le Front populaire de libération du Tigré), à Sanja, près de la frontière avec le Tigré, en Ethiopie, le 9 novembre. Des membres de milices de la région Amhara montent dans leur camion pour aller affronter le Front populaire de libération du Tigré), à Sanja, près de la frontière avec le Tigré, en Ethiopie, le 9 novembre. TIKSA NEGERI / REUTERS

Après six mois de conflit, l’Erythrée a reconnu, pour la première fois, la présence de ses troupes au Tigré, en Ethiopie. Dans une lettre adressée dans la nuit de vendredi à samedi 18 avril au Conseil de sécurité des Nations unies, le pays a promis de les retirer.

Début novembre, le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, avait annoncé l’envoi de l’armée fédérale au Tigré pour arrêter et désarmer les dirigeants locaux du Front populaire de libération du Tigré (FPLT). L’Ethiopie accuse ces dirigeants locaux d’avoir mené des attaques contre des camps militaires des forces fédérales.

L’armée éthiopienne a reçu l’appui de forces venues d’Erythrée, pays frontalier du Tigré au nord, et de la région éthiopienne de l’Amhara, qui borde le Tigré au sud. Le 28 novembre, M. Abiy a proclamé la victoire, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais les combats se sont poursuivis depuis et l’armée érythréenne a été accusée d’avoir perpétré plusieurs massacres et de s’être livrée à des violences sexuelles.

Reconnaissance officielle

Addis-Abeba et Asmara ont longtemps nié que les Erythréens étaient actifs dans la région, malgré les témoignages de résidents, de groupes de défense des droits humains, de diplomates et même de certains responsables civils et militaires éthiopiens.

Fin mars, Abiy Ahmed avait finalement reconnu leur présence, avant d’annoncer que leur retrait était en cours. Mais le courrier écrit par l’ambassadrice érythréenne à l’ONU, Sophia Tesfamariam, et rendu public dans la nuit par le ministre de l’information érythréen, est la première reconnaissance officielle par Asmara de la présence de ses soldats.

Les forces du FPLT ayant été « largement repoussées », Asmara et Addis-Abeba « ont pris la décision commune, au plus haut niveau, d’entamer le retrait des troupes érythréennes et le redéploiement simultané des soldats éthiopiens le long de la frontière » entre les deux pays.

Les crimes de guerre perdurent, selon l’ONU

Jeudi, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, Mark Lowcock, avait affirmé devant le Conseil de sécurité qu’« aucune preuve » n’était venue confirmer un retrait de la région des forces militaires érythréennes. « Le personnel humanitaire continue de signaler de nouvelles atrocités qui, selon lui, sont commises par les forces de défense érythréennes », avait-il souligné.

Dans son courrier, l’ambassadrice érythréenne a nié la véracité de ces informations : « Les accusations de viols et d’autres crimes proférées contre les soldats éthiopiens ne sont pas seulement scandaleuses, elles représentent également une attaque brutale contre la culture et l’histoire de notre peuple. »

L’Ethiopie et l’Zrythrée se sont opposées entre 1998 et 2000 durant une sanglante guerre frontalière, alors que le FPLT dominait le pouvoir en Ethiopie. Les deux pays se sont rapprochés après l’arrivée au pouvoir en 2018 d’Abiy Ahmed, récompensé du prix Nobel de la paix en 2019. Mais l’Erythrée et le FPLT sont restés de féroces ennemis.

  Source: Le Monde

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