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Décret migratoire de Trump : l'administration américaine divisée sur le dossier tchadien

L’interdiction faite aux citoyens tchadiens de voyager aux États-Unis continue de susciter la controverse tant la décision contraste avec les nombreux plébiscites reçus par le Tchad pour ses efforts en matière de lutte contre le terrorisme. À Washington, également, le sujet fait aussi débat.

29 Sep 2017    

Dimanche, dans une nouvelle version de son décret migratoire, le président américain Donald Trump faisait cohabiter le Tchad avec la Somalie, la Libye, le Yémen, l’Iran, la Syrie, la Corée du Nord et le Venezuela sur une liste de pays dont les citoyens sont interdits d’accès aux États-Unis. Le Soudan, préalablement inscrit sur cette liste, en a été retiré.

Officiellement, l’administration américaine a justifié sa mesure par un manquement du Tchad dans les échanges de renseignements avec les Etats-Unis sur des questions relatives à la sécurité publique et au terrorisme. Elaine C. Duke, conseillère à la sécurité du président américain est l’origine de la motion contre le Tchad.

L’engagement “minimal” du Tchad remis en cause

Son principal argument est le peu d’effort fourni par le Tchad pour réprimer les extrémistes islamistes. L’armée tchadienne n’interviendrait que lorsque les routes commerciales du Tchad sont menacées par les militants islamistes. Dans les coulisses du pouvoir à Washington, la pilule est dure à avaler pour bien de responsables. Le New York Times qui a échangé avec plusieurs responsables gouvernementaux, a relève les objections faites par des responsables du Pentagone et du Département d‘État.

Ces derniers, catégoriquement opposés aux sanctions américaines contre le Tchad, n’auraient même pas été associés à la prise de décision finale. Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, le lieutenant-général H.R. McMaster, a reconnu le désaccord au sein de l’administration concernant les restrictions de voyage visant les voyageurs tchadiens. “Cette liste n’est pas correcte”, a-t-il déclaré lors d’une conférence à Washington lundi. “Sur le Tchad, il y a eu un véritable débat.”

“Cette confusion sur le traitement d’un allié américain clé dans la lutte contre le terrorisme envoie le message selon lequel on ne peut pas faire confiance aux États-Unis en tant que partenaire fiable”, a déclaré Monde Muyangwa, directeur du programme Afrique au Woodrow Wilson International Centre for Scholars.

À présent, des officiels américains craignent que la mesure anéantisse tous les efforts de coopération consentis dans la lutte contre le terrorisme en Afrique, surtout dans un contexte de crise économique où le Tchad subit un revers économique du fait de son engagement militaire. Le Tchad s’est, en effet, positionné comme un acteur majeur dans cette lutte antiterroriste.

L’armée du pays a travaillé en étroite collaboration avec les Américains, se faisant l’hôte de nombreux exercices menés par les États-Unis. Le Tchad est en outre membre du Partenariat contre le terrorisme transsaharien, un projet dirigé par les États-Unis qui vise à aborder les “menaces terroristes et à prévenir la propagation de l’extrémisme violent” dans la région.

Le pays est également un acteur majeur de la Force multinationale mixte impliquant plusieurs pays dans le bassin du lac Tchad pour lutter contre Boko Haram et a déployé 700 troupes le long de ses frontières pour empêcher l’infiltration du groupe islamiste.

N’Djaména hausse le ton

Lundi, N’Djaména a exprimé son “étonnement” et son “incompréhension” de la “ décision du gouvernement américain d’inscrire le Tchad sur la liste des pays dont les ressortissants sont interdits d’entrée sur le territoire américain”. Le Tchad a dès lors appelé les États-Unis à “une meilleure appréciation de la situation”, auquel cas, il se verrait amener “à user du principe de réciprocité dont l’application serait préjudiciable aux intérêts des deux pays”.

Les diplomates américains espèrent ne pas en arriver là et travailler avec N’Djaména pour mettre à jour les informations nécessaires pour la révision de la mesure. Cela peut prendre quelques mois, mais la décision peut être revue, comme le confiait le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

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