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Cameroun: Bamenda, dans le nord-ouest, totalement paralysée depuis trois jours

Les forces de sécurité y ont lancé une opération de sécurisation, appelée « Bamenda Clean » après des affrontements la semaine dernière entre l’armée et des combattants séparatistes, suite au décès d’un policier, abattu mardi dernier en pleine ville. La tension déjà élevée dans cette région anglophone, est encore montée d'un cran cette semaine.

11 Sep 2020    
La ville de Bamenda au Cameroun anglophone. La ville de Bamenda au Cameroun anglophone. AFP/Reinnier Kaze

 D’après plusieurs témoignages, le centre de Bamenda est totalement désert. Les commerces sont fermés, il n’y a aucune circulation dans les rues où l’on voit quelques rares piétons dans certains quartiers, notamment autour du grand marché de Bamenda, où certains sont venus s’approvisionner. L’armée est stationnée à divers carrefours du centre-ville et procèdent à des contrôles d’identité. Des témoins évoquent également une descente de l’armée dans certains quartiers.

À l’origine de cette opération militaire, il y a le meurtre d’un policier la semaine dernière. Une action attribuée aux séparatistes et qui a été suivie d’affrontements entre ces séparatistes et les forces de sécurité. Les autorités ont donc décidé de lancer cette opération dite de sécurisation de la ville dénonçant les attaques perpétrées par les terroristes et criminels. Elles ont aussi décidé d’interdire la circulation des motos taxis, au motif que les séparatistes utilisent ce moyen de transport pour mener à bien leurs actions.

Dans la foulée, les séparatistes auraient intimé aux habitants de Bamenda de ne pas circuler, même en automobile. Pas peur, la population est restée donc chez elle. Pour Sally Mboumbien, d’une organisation de femmes qui œuvre pour la paix, la population civile est une fois de plus prise en étau.

« Les habitants de Bamenda sont pris entre des tirs croisés. Le gouvernement a peut-être de bonnes intentions, mais ses décisions ne prennent pas en compte le risque qu’il fait courir à la population. De l’autre côté, les séparatistes cherchent désespérément à prouver qu’ils ont le contrôle de la ville, et ne s’inquiètent pas des conséquences que leurs actes ont sur les habitants. »

Certains ont même décidé de quitter la ville, comme l’explique une enseignante :

« Pour moi, c’est une zone de guerre. Depuis dimanche beaucoup de personnes sont parties de la ville, comme les séparatistes se cachent parmi les civils, certains se font tuer car les séparatistes eux, savent s’échapper. Si je pouvais choisir quel groupe croiser dans la rue, je choisirais les séparatistes, eux au moins ils parlent la même langue que moi et on peut se comprendre. Avec l’armée, la barrière de la langue fait qu’on ne comprend pas ce qu’ils disent, et à partir de ce moment-là, nous sommes en danger. La meilleure chose que l’on puisse faire c’est sortir du centre-ville et s’éloigner le plus possible de Bamenda. »

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