Ramtane Lamamra en visite à Bamako pour que Mali et Algérie relancent le Cemoc

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lors d'une conférence de presse à Alger, le 24 août 2021. (Image d'illustration) AFP - RYAD KRAMDI

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est à Bamako depuis jeudi 1er septembre. Il participe ce vendredi au Comité de suivi de l’accord de paix de 2015, et a dès jeudi rencontré longuement son homologue malien, Abdoulaye Diop, dans le cadre de la 18e session du Comité bilatéral stratégique Mali-Algérie. Les deux pays y ont affiché leur volonté de relancer le Comité d’état-major opérationnel conjoint.

Le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) rassemble le Mali, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger. Créé en 2010 à l’initiative d’Alger et basé à Tamanrasset, il est resté une coquille vide, sans jamais cesser d’exister. Sa dernière réunion s’est d’ailleurs tenue à Bamako, en février : aucune décision majeure n’y avait été prise.

Mais il y a trois mois, en mai 2022, le Mali a quitté l’autre coalition militaire régionale, le G5 Sahel, dont l’Algérie ne faisait pas partie. Aux côtés de son homologue algérien, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, explique donc aujourd’hui vouloir « redynamiser », « renforcer » le Cemoc pour lutter contre les groupes terroristes : « Nos responsables sont en train de regarder tout ce que nous pouvons faire ensemble pour ramener la paix et la sécurité dans notre zone. »

Les problèmes du G5 Sahel pourraient se reposer au Cemoc

Une manière, selon le chef de la diplomatie malienne, de « trouver des solutions africaines à nos problèmes africains […] sans fermer la porte à nos amis non africains ». Et une belle opportunité pour Alger pour renforcer son influence au Sahel. Mais les divergences stratégiques qui ont conduit à l’explosion du G5 Sahel se reposeront nécessairement pour le Cemoc, puisque le Niger en fait partie. Niamey accueille la force française Barkhane en transformation, lorsque Bamako compte sur son nouvel allié russe.

Quant à la position algérienne sur le sujet, elle demeure assez floue. La Russie est un partenaire historique de l’Algérie, notamment sur le plan militaire. Mais lors de la récente visite du président français à Alger s’est tenue une réunion inédite, rassemblant les deux chefs d’État, Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, en compagnie de leurs chefs d’état-major des armées et de leurs chefs des renseignements. Rien n’a filtré de cette réunion, mais le Mali et la présence russe y ont forcément été abordés.

« L’Algérie a battu le terrorisme […] le terrorisme ne peut pas avoir d’avenir au Mali », a, quant à lui, déclaré Ramtane Lamamra à l’issue de sa rencontre avec Abdoulaye Diop, sans préciser ce que l’Algérie comptait concrètement mettre en œuvre pour soutenir le Mali dans la lutte anti-terroriste.

Outre la sécurité, les deux pays sont convenus de renforcer leurs partenariats dans divers secteurs : l’énergie et les mines, les télécommunications, le commerce ou encore la formation professionnelle.

Rfi