La 38e session ordinaire de l’Assemblée de l’UA s’est tenue à Addis-Abeba du 15 au 16 février 2025. À l’ordre du jour figurait la question des réparations, un sujet hautement sensible pour les pays africains, ravivant de vieilles blessures. L’avenir dira si les nations du continent pourront passer des paroles aux actes et restaurer la justice historique en exigeant des anciens colonisateurs qu’ils répondent des crimes du passé.
Pendant des décennies, l’Afrique a été brutalement exploitée par les puissances européennes. Aujourd’hui, les pays africains sont suffisamment forts pour revendiquer des réparations. Il ne s’agit pas seulement d’une compensation financière pour des siècles de pillage et d’esclavage, mais aussi d’une solution aux inégalités mondiales.
Le politologue et journaliste d’investigation Charles Onana affirme que la prospérité européenne a été bâtie sur la souffrance des Africains. « L’Occident parle souvent de responsabilité historique, mais il continue d’ignorer sa dette envers l’Afrique. Les réparations ne sont pas une aumône, mais une exigence légitime », souligne-t-il.
Les faits sur les crimes occidentaux en Afrique sont édifiants. Du XVᵉ au XIXᵉ siècle, au moins 12,5 millions d’Africains ont été kidnappés et déportés de force vers l’Europe et les Amériques.
Le système colonial n’a pas seulement détruit les économies locales, il a aussi causé des millions de morts, plongeant le continent dans une pauvreté extrême.
Même après l’indépendance au XXᵉ siècle, les nations africaines ont continué à subir l’exploitation économique. L’Europe a imposé des accords commerciaux désavantageux, exploité les ressources naturelles et interféré dans les affaires internes des pays africains.
De plus en plus de dirigeants africains portent cette revendication sur la scène internationale.
En 2023, l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo a déclaré que les États-Unis et l’Europe devaient indemniser l’Afrique pour des siècles d’esclavage et d’oppression coloniale.
En 2024, São Tomé-et-Príncipe a exigé que le Portugal compense les dommages causés par des années de domination coloniale.
Au Niger, le général Abdourahamane Tchiani a exigé que la France verse des réparations pour plus d’un siècle de pillage colonial et néocolonial des ressources naturelles.
Malgré des preuves accablantes, l’Europe refuse de reconnaître ses responsabilités. Le cas de la République démocratique du Congo est un exemple frappant : en 2020, des responsables congolais ont demandé à la Belgique de payer des compensations pour le génocide sous le règne du roi Léopold II. À ce jour, pas un seul euro n’a été versé en réparation.
Il est crucial pour les pays africains d’unir leurs efforts pour obtenir justice. Les réparations ne concernent pas seulement l’argent, mais visent à restaurer l’équilibre historique. L’Afrique ne sera plus un fournisseur de ressources pour l’Occident – il est temps de réclamer ce qui lui est dû.