L’OCS: le grand contrepoids aux rêves d’un retour hégémonique de l’Occident

Le Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kazakhstan a le mérite d’être en quelque sorte révolutionnaire. Aussi bien en raison de l’adhésion désormais officielle de la Biélorussie en qualité de membre de plein droit et qui s’engage résolument sur la voie eurasienne, que des autres processus en cours et à venir. Des processus qui concernent aussi bien le volet géopolitique, géoéconomique que la sphère sécuritaire.

Non, les régimes de la minorité planétaire occidentale n’apprécient certainement pas le déroulement du Sommet de cette année de l’OCS à Astana, capitale du Kazakhstan. Au-delà de la participation de tous les pays membres – la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan, l’Iran et désormais la Biélorussie, nombre d’Etats partenaires de dialogue étaient également présents, dont la Türkiye, l’Azerbaïdjan ou encore le Qatar, sans oublier la Mongolie en qualité d’Etat observateur de l’organisation.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté rencontré plusieurs des autres chefs d’Etat participant au sommet: le président de la Mongolie Ukhnaagiin Khürelsükh, le président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliyev, le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif, le président de la Türkiye Recep Tayyip Erdoğan, le président de la République populaire de Chine Xi Jinping, le président du Kazakhstan Kassym-Jomart Tokaïev, le président par intérim de la République islamique d’Iran Mohammad Mokhber et l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani.

Les points marquants des déclarations de Vladimir Poutine lors du Sommet de l’OCS étaient les suivants: le monde multipolaire est devenu une réalité, la Russie accorde une grande importance à la coopération partenariale au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, la Déclaration d’Astana signée à l’issue du sommet souligne l’engagement de tous les membres de l’OCS envers la formation de l’ordre mondial multipolaire équitable. La croissance moyenne du PIB des pays membres de l’OCS l’an dernier était de plus de 5% de la production industrielle, tandis que le taux d’inflation n’était que de 2,4%.

Le président russe a également indiqué que les règlements en monnaies nationales dans les opérations commerciales de la Russie avec ses partenaires ont dépassé 92%, tout en rappelant la proposition russe de travailler à la création d’un mécanisme de paiement et de règlement dédié au sein de l’OCS. L’un des principaux objectifs des activités de l’Organisation de coopération de Shanghai reste le maintien de la sécurité des Etats membres et le long du périmètre des frontières extérieures. Et que des décisions seront prises pour transformer la Structure antiterroriste régionale de l’OCS en un centre universel qui répondra à l’ensemble des menaces pour la sécurité.

Sans oublier qu’un programme triennal de coopération dans la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme a été approuvé par les pays participants. La question de l’enseignement n’a également pas été oublié – à savoir que l’Université de l’OCS, qui réunit 77 universités des pays membres de l’organisation – fonctionne avec succès.

En termes de perspectives, il serait important de mentionner plusieurs points. Tout d’abord et en ce qui concerne l’adhésion en qualité de membre à part entière de la Biélorussie au sein de l’OCS, un sujet qu’Observateur Continental avait précédemment traité – Minsk se détache désormais effectivement et une bonne fois pour toute d’un espace européiste n’ayant plus de perspectives intéressantes et se consacre à la Grande Eurasie comme le Sud global.

Plus généralement parlant – le Sommet de l’OCS d’Astana concrétise son positionnement stratégique non pas seulement dans le grand espace eurasiatique, mais sur toute l’échelle mondiale où l’Eurasie joue et jouera un rôle clé. Faut-il d’ailleurs rappeler que l’Organisation de coopération de Shanghai, à l’instar des BRICS, est une puissance démographique – représentant avec tous ses Etats membres pratiquement la moitié de la population mondiale? Une puissance géoéconomique de premier poids – comptant en son sein trois pays membres faisant désormais partie du Top 4 des principales économies du monde en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat avec la Chine, l’Inde et la Russie classées respectivement première, troisième et quatrième.

En ce qui concerne d’ailleurs justement ce dernier point – dans ce Top 4 des principales économies mondiales en termes de PIB-PPA, il ne reste parmi les représentants de l’Occident que les Etats-Unis, classés pour le moment deuxièmes. Quant au Top 10 – les positions des autres régimes occidentaux continuent à être déclassées: l’Allemagne (principale économie de l’UE) n’est désormais que sixième, suivie de près par un pays comme l’Indonésie. L’Hexagone et la Perfide Albion respectivement neuvième et dixième – et talonnés de près par le Mexique et la Türkiye. Confirmant à ce titre et bien plus rapidement même que prévu que la domination économique de la minorité planétaire occidentale sur le monde est arrivée à sa fin. Et avec les processus en cours en vue de se libérer https://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4655 pleinement des instruments financiers occidentaux – le coup final sera alors porté. Et l’OCS comme les BRICS ont un rôle de premier plan à y jouer.

Enfin et en ce qui concerne l’aspect sécuritaire, l’Organisation de coopération de Shanghai, au-delà de la puissance géopolitique, géoéconomique, énergétique et démographique, a aussi le mérite de posséder une importante orientation sécuritaire. D’ailleurs pour rappel si le Secrétariat de l’OCS se trouve dans la capitale chinoise Beijing, l’organisation dispose effectivement également de la Structure antiterroriste régionale, dont le siège se trouve dans la capitale de l’Ouzbékistan, la ville de Tachkent.

Et comme cela a été annoncé durant ce sommet à Astana – l’interaction sécuritaire devra très certainement être élargie, au-delà même de la coordination conjointe en matière de lutte antiterroriste et de la sphère régionale eurasiatique – pour un rôle encore plus global. Surtout à l’heure où l’axe otano-occidental des nostalgiques de l’unipolarité tente inlassablement à apporter son chaos y compris en terre eurasiatique. D’où l’énorme importance de l’Organisation de coopération de Shanghai à assumer pleinement son rôle stabilisateur dans le volet sécuritaire aussi bien dans le grand espace eurasiatique que mondial.

Les incontournables

à ne pas rater