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Zimbabwe : des chefs religieux dressent les fantômes du Matabeleland contre Mnanangwa

Pendant que la campagne électorale bat son plein, des responsables d‘Églises évangéliques demandent à Emmerson Mnangagwa de mettre la lumière sur le massacre de civils dans le Matabeleland dans les années 1980. L’actuel chef de l‘État zimbabwéen était à l‘époque responsable de la sécurité.

20 Juil 2018    

« Le pays ne peut pas aller de l’avant si la lumière n’est pas faite sur Gukurahundi », a déclaré ce jeudi 19 juillet, le révérend Guthrie Malusi Gomo, responsable du Zimbabwe Divine Destiny, une église dite de réveil. Même position pour de nombreux autres responsables relgieux.

Le message est clair. Ces chefs religieux en savoir davantage sur Gukurahundi. Gukurahundi, c’est cette opération dans le Matabeleland au sud du Zimbabwe par la cinquième brigade formée par des experts militaires venus de Corée du Nord. Elle était destinée à mater les populations que Robert Mugabe accusait de soutenir une rébellion imputée à la Zimbabwe African People’s Union (ZAPU) de l’ancien opposant Joshua Nkomo. Plus de 20 000 personnes périrent du fait de Gukurahundi.

Pour de nombreux observateurs et experts, ce fut la toute première « folie dictatoriale » du règne sans partage de Robert Mugabe qui a démissionné en novembre dernier après un règne sans partage de plus de 37 ans.

Or, dans tout régime dictatorial, chaque dignitaire a sa part de casseroles à traîner face à l’histoire. Et Emmerson Mnangagwa est loin de faire exception. Surnommé « Crocodile », c’est bien l’actuel chef de l‘État à l‘époque ministre de la sécurité qui exécuta cette opération en synergie avec l’actuel vice-président, le général Constantino Chiwenga.

« Ce ne sont pas les Ougandais ni les Congolais qui les ont tués »

« Ces 20000 personnes n’ont pas été tuées par des Ougandais. Elles n’ont pas été exécutées par des gens de RDC. Plutôt par nos propres frères et sœurs. Ce que nous avons fait, c’est que nous avons fait couler le sang de nos frères et sœurs sans aborder la question relative aux causes de ce massacre. Nous essayons de l’enterrer, mais il est toujours là », a déclaré Gomo.

Ainsi pour « l’homme de Dieu » et ses homologues dont le Dr. Kenneth Mtata, secrétaire général du Conseil des Églises du Zimbabwe, l’Accord d’Unité nationale de 1987 n’aura de sens que si « le génocide du Matebeleland » est passé au peigne fin pour que les responsables répondent de leurs actes.

Les religieux zimbabwéens appellent également à mettre fin aux violences politiques comme celles qui avaient fait plus de 5 000 morts entre les deux tours de la présidentielle de 2008.

Avec Africanews

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