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Soudan: que reste-t-il du «sit-in»?

Au Soudan, depuis début avril, le cœur de la révolution, situé devant le QG de l’armée à Khartoum, était occupé jour et nuit par des milliers de manifestants. Ils y avaient installé des tentes et des scènes pour réclamer pacifiquement, dans une ambiance de fête permanente, un pouvoir civil. Mais lundi, des soldats, principalement membres de la milice paramilitaire FSR, ont attaqué ce symbole de résistance pacifique, faisant plus d’une centaine de morts. Quatre jours plus tard, même si les entrées étaient encore contrôlées, RFI a pu retourner sur les lieux.

09 Jui 2019    

Tas de gravats, de briques, restes de chaises, détritus… Il ne reste quasiment plus rien du symbole de la révolution. Les fameuses tentes qui représentaient des associations, des villes, des quartiers ou encore des corporations, ont disparu. Tout juste, on devine des traces de cendres à certains emplacements. Selon plusieurs survivants, les soldats les ont incendiées durant l’assaut.

Les protestataires ont disparu

Par terre, les dessins et les slogans à la gloire de la révolution, tracés à la craie par les manifestants, sont toujours là mais les protestataires, eux, ont disparu. Lorsque l’on regarde à l’intérieur du sit-in, on peut voir des dizaines de véhicules militaires, avec des hommes lourdement armés, des AK47, des mitrailleuses, voire des canons installés sur leurs pick-ups. Ils portent les uniformes des FSR et des troupes régulières.

La route est très silencieuse. Seuls quelques civils et quelques véhicules l’empruntent. Rien à voir avec l’atmosphère de fête permanente qu’on avait durant le sit-in. Sans arrêt, on entendait de la musique, des chants et des slogans proclamés. Aujourd’hui, c’est le silence.

La route passe devant le QG de l’armée. Derrière le mur d’enceinte, se trouvent beaucoup de pick-ups et à l’entrée, deux véhicules blindés. Il y a encore moins d’une semaine, c’était devant ce mur que, régulièrement, après la tombée de la nuit, plusieurs milliers de manifestants se réunissaient pacifiquement pour chanter des demandes de transmission du pouvoir aux civils. Aujourd’hui il n’y a plus de chants…

Premier vendredi de prière

Depuis le démantèlement du sit-in, les putschistes font régner la terreur dans la capitale. Vendredi 7 juin, c’était le premier vendredi de prière depuis la tragédie.

RFI s’est rendue dans une mosquée d’Omdurman, la ville jumelle de Khartoum où l’imam préfère que son nom et celui de sa mosquée restent secrets car dans les rues, les miliciens restent imprévisibles. C’est son premier prêche, depuis le massacre, et le pays est encore traumatisé.

« C’était des crimes contre des innocents. Des horreurs. En islam, c’est totalement interdit. Pour Dieu, mieux vaut que la Terre n’existe plus plutôt que de perdre le sang d’un musulman. Ceux qui ont fait cela seront un jour punis, soit par la justice des hommes soit par celle de Dieu. Tout le monde, manifestants et militaires, doivent maintenant négocier et stabiliser le pays », appelle-t-il.

Après la prière, les croyants s’assoient sur les grands tapis pour discuter de la situation. Le massacre du sit-in est dans toutes les conversations. Mohamed Salah Mohamed est encore sous le choc et s’en remet à Dieu.

« J’ai connu la colonisation britannique ; je n’ai jamais vu des horreurs pareilles. Même à l’époque, la politique se faisait par la négociation, jamais avec une telle violence. Je demande à Dieu qu’il aide les deux parties à trouver un accord et qu’on sorte de cette situation », espère-t-il.

Tristes et amers

Les croyants se disent tristes et amers car l’Aïd, la fin du ramadan, censée être un moment de joie et de paix, n’a pas été célébrée, pour la première fois, depuis des décennies.

Avec rfi

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