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Ouganda : la taxe sur la Bible et le Coran agace les religieux

Le gouvernement vient de rétablir la taxe sur l’importation des documents religieux comme la Bible et le Coran. Les religieux dénoncent une mesure visant à priver les populations de « la nourriture de l‘âme ».

16 Mai 2018    

“Ce gouvernement est allé trop loin dans sa collection de taxes. Comment pouvez-vous taxer la parole de Dieu ? Il devrait plutôt venir en aide à la publication de ces documents “, a déclaré hier Ramathan Mugalu, secrétaire général du Conseil suprême musulman de l’Ouganda.

Même son de cloche du côté de son homologue chrétien, Stanley Ntagali, archevêque catholique d’Ouganda qui s’oppose à ce que des documents religieux (Bible, Coran, recueils de cantiques ou prières, etc.) soient taxés à l’importation comme à l’exportation.

Des attitudes qui en disent long sur le dégré d’agacement du « peuple de Dieu » résidant en Ouganda quant à la mesure des autorités établissant des taxes sur les livres spirituels. Pour Doris Akol, directrice générale de Uganda Revenue Authority (URA, service de collecte des impôts), la politique consistant à exonérer les documents religieux constitue un véritable « manque à gagner pour les finances publiques ».

“Nous savons que par le passé la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) n’a pas été payée sur la Bible, les livres de prières et livres de cantiques, alors que c’est prévu par la loi. C‘était une violation de la loi que de ne pas s’acquitter d’une taxe prévue par la loi. C‘était aussi un manque à gagner », a écrit le 19 avril dernier, Mme Akol en réponse à la requête de l’archevêque Ngatali demandant la levée des taxes sur les documents religieux.

« Le Parlement devrait s’impliquer »

Un manque à gagner, c’en est vraiment un. Sur quelque 40 millions d’habitants que compte l’Ouganda, neuf citoyens sur dix sont chrétiens, soit musulmans. Ce qui ferait un bon Pactole fiscal lorsqu’on sait que la taxe proposée devrait rapporter 0,81 dollar par document.

Pour Joram Kahenano, un dignitaire catholique, l’URA devrait soumettre la question au Parlement pour que ce dernier examine le problème. Mais le gouvernement est loin d’aborder la question sous cette approche. “L’URA n’est pas un monstre ; c’est son mandat assigné par la loi que de percevoir les impôts et taxes fixés par la loi », a déclaré Jim Mugunga, porte-parole du ministère des Finances.

Selon des sources proches, l‘État s’est également proposé d’instaurer de nouvelles taxes, notamment à l’encontre des utilisateurs de médias sociaux dans les prochaines lois de finances.

Mais, étant donné que le président Museveni avait exonéré ces documents religieux en ce qu’ils ne sont pas importés à des fins commerciales ou lucratives, le débat sur la taxation des livres religieux pourrait se poursuivre. Et même prendre une autre tournure. Qui sait ?

Avec africanews


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