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La commission électorale du Zimbabwe au coeur de la controverse

Soupçons d‘électeurs fantômes, opacité dans l’impression des bulletins de vote, présence d’anciens militaires dans ses rangs…

29 Juil 2018    

La commission électorale du Zimbabwe, critiquée pour sa partialité pendant les scrutins sous l‘ère Mugabe, se retrouve une fois de plus au coeur de la controverse pour les élections générales de lundi.

Robert Mugabe est tombé en novembre, au terme d’un règne de 37 ans entaché de très nombreuses irrégularités électorales. Son successeur et ancien bras droit Emmerson Mnangagwa a promis des scrutins libres, justes et transparents.

Mais les soupçons de fraudes au sein de la ZEC perdurent encore.

“Les principes clés d’une élection crédible sont la transparence et la prise de responsabilité, mais la ZEC a été peu encline à la transparence”, constate Tawanda Chimhini, à la tête d’une ONG de surveillance du processus électoral au Zimbabwe, Election Resource Centre.

Avec la chute de Robert Mugabe, “le Zimbabwe aurait pu prendre un nouveau départ et la ZEC être plus transparente”, estime-t-il.

Mais finalement, non. “Personne ne sait combien de bulletins ont été imprimés, il y a aussi eu le chaos lors du vote de policiers”, organisé mi-juillet, au lendemain seulement de la fin de l’impression des bulletins, laissant planer des doutes sur leur acheminement, explique Tawanda Chimhini.

“La commission commet les mêmes erreurs et attend des résultats différents”, prévient-il. Dans ces conditions, “la crédibilité de l‘élection sera” de nouveau “en question quelque soit le vainqueur”, assure-t-il d’ores et déjà.

Car la ZEC a un lourd passif.

En 2008, elle a jugé libres et justes les élections remportées par Robert Mugabe après le retrait au second tour de son rival historique Morgan Tsvangirai. Ce dernier, arrivé en tête du premier tour, avait finalement renoncé à la bataille pour éviter un bain de sang: plus de 200 de ses partisans avaient déjà été tués et des milliers déplacés.

En 2013, la ZEC a refusé de fournir une copie électronique des listes électorales aux partis qui participaient aux élections, là aussi remportées par Robert Mugabe.

Cette année, elle se retrouve de nouveau sur la sellette.

Elle a tenté de faire taire les rumeurs d‘électeurs fantômes, en publiant un démenti d’une page entière dans la presse. “Les électeurs qui ont les mêmes noms et mêmes dates de naissance sont des individus à part entière, avec des photos et des empreintes digitales différentes”, a assuré la ZEC.

Il y a deux semaines, elle a été la risée en démentant que le vote de policiers et militaires, en service le 30 juillet, avait débuté, avant de faire volte-face quelques heures plus tard.

Arrogance

La commission “n’est pas à la hauteur de ses énormes responsabilités d’arbitre impartial”, juge l’analyste politique Alex Magaisa basé au Royaume-Uni.

Pendant la campagne 2018, le principal parti d’opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a d’ailleurs fait de la ZEC sa bête noire, accusée de “partialité” et d’“arrogance”.

La commission électorale “a choisi de jeter le sifflet de l’arbitre et de soutenir l‘équipe d’Emmerson Mnangagwa”, a dénoncé le patron du MDC et candidat à la présidentielle Nelson Chamisa.

“Ils ne nous ont pas transmis de copie exacte des listes électorales”, poursuit le porte-parole du MDC, Douglas Mwonzora interrogé par l’AFP. “Ils ne nous ont pas autorisés à vérifier le transport, l’entrepôt et la sécurité des bulletins. On a aussi des soucis concernant la militarisation de la ZEC”.

La Zanu-PF dément tout “lien avec la ZEC”, mise en place “par un comité parlementaire multipartite”.

Un commissaire de la ZEC Qhubani Moyo acquiesce, affirmant “suivre la loi à la lettre”.

“Certaines demandes de partis sont sans substance. On est une institution indépendante et les critiques qui nous visent ne vont pas nous empêcher de dormir”, lâche-t-il, avant de confirmer la présence “d’un certain nombre d’anciens militaires” au sein de la ZEC.

“Ils ont les qualités requises et ont été recrutés lors d’entretiens rigoureux”, assure-t-il, soulignant qu’“aucune loi n’interdit de les recruter”.

Avec africanews

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