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Joseph Kabila : généalogie d'une présidence perturbée

La République démocratique du Congo est finalement au bout du suspense. Un suspense qui aura duré deux années qui sont parues interminables pour les Congolais et la communauté internationale. Après 17 ans au pouvoir, le chef de l’Etat Joseph Kabila a décidé de ne pas briguer un troisième mandat, prenant à contre-courant son opposition qui avait misé le contraire.

09 Aoû 2018    

En janvier 2001, à l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, la République démocratique du Congo était pourtant loin de s’imaginer qu’elle aura pour président durant les prochaines années, Joseph Kabila, le fils du défunt. Ce militaire de formation alors âgé de 29 ans, svelte, réservé qui parle à peine français est d’ailleurs au camp militaire de Kimbembe, près de Lubumbashi, au Katanga, lorsque la nouvelle de la mort de son père tombe.

Cela faisait quelques semaines que les deux hommes étaient en froid après que les troupes du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) aidées de l’armée rwandaise ont mis la main sur la stratégique localité de Pweto. Joseph Kabila entra toutefois dans les grâces des collaborateurs de son défunt père et certaines puissances étrangères qui décident de le porter au sommet de l’Etat.

En l’absence d’une constitution dûment rédigée, les conseilleurs de feu Laurent-Désiré Kabila s’appuient sur le décret 003 du 27 mai 1997 composé de treize articles, pour désigner son fils comme le « coordonnateur de l’action gouvernementale en attendant », entendez président par intérim ce pays exsangue et déchiré par la guerre. S’entame alors un véritable parcours du combattant pour Joseph Kabila.

Un mandat jugé “positif”

Vous demanderez à Joseph Kabila à quoi se sont résumées ses dix-sept années de pouvoir, il vous dressera un bilan élogieux de son mandat, comme il l’avait déjà fait en 2011, alors qu’il briguait une nouvelle fois la présidence après celle de 2006. Une analyse certes, avec emphase, mais qui tire sa source de quelques réalisations du président congolais.

En effet, une fois au pouvoir, il se met en tête de réunifier la RDC en lançant les négociations avec les groupes rebelles campés à l’est et au nord du pays. Il prône dès lors le partage du pouvoir avec la recette + un président plus quatre vice-président +.

Jospeh Kabila ne s’arrête pas là, il est également l’instigateur des premières élections libres et pluralistes du pays en 2006, puis en 2011. Bien qu’entachées de critiques de fraudes et de malversations, ces élections marquent une nouvelle ère dans la politique congolaise où la transmission du pouvoir s’est toujours faite sous l’impulsion des armes.

L’ancien militaire parvient, jusqu’en 2015, à faire chuter radicalement l’inflation et à multiplier par trois les salaires des fonctionnaires. Avec ses nouveaux partenaires commerciaux et économiques dont la Chine, Joseph Kabila met, en outre, à l’ouvrage Kinshasa et plusieurs grandes villes du pays avec des infrastructures modernes.

Son coup de grâce viendra avec la promulgation début 2018 d’un nouveau code minier qui annonce la fin de l‘âge d’or des compagnies minières en activité en RDC. Au nombre des mesures importantes contenues dans ce texte, la hausse des taxes et la fin d’une clause de stabilité des contrats, impliquant la renégociation régulière des contrats.

Elle établit également la participation d’au moins 10 % de personnes physiques de nationalité congolaise dans le capital social des entreprises minières et la répartition des recettes entre le pouvoir central (50 %), provincial (20 %), les entités territoriales (15 %) et les générations futures (15 %). Un boom minier dont devrait profiter les Congolais, assure-t-on du côté du Palais de la Nation.

“Corruption”, “népotisme” et “violation des droits humains”

Mais pour les détracteurs du président congolais, il ne s’agit que de la poudre aux yeux. Car ce projet, comme bien d’autres mis sur pied dans ce pays-continent est juste une poule aux œufs d’or pour son clan. Durant ses années de présidence, Joseph Kabila a, en effet, croulé sous les accusations de corruption et de népotisme, notamment dans le secteur des mines où pullulent sociétés écran et contrats opaques.

Même s’il avait annoncé la relance économique en 2011, Joseph Kabila n’a cependant pas réussi à mettre en selle le franc congolais de nouveau en chute libre face au dollar et à l’euro.

Sur le plan sécuritaire, le locataire du Palais de la Nation ne peut plus s’enorgueillir d’avoir ramené la stabilité en RDC. S’il est vrai qu’il n’y a « plus d’incendie à l’est, sinon quelques brasiers » comme Joseph Kabila le disait en 2011, un autre incendie a toutefois été allumé dans la région jusque-là pacifique du Grand Kasaï, dans le centre. Dès fin mai 2016, et ce, durant un an, les miliciens et l’armée loyaliste ont mis cette région à feu et à sang à la suite d’un conflit entre un chef coutumier, Kamwina Nsapu, et l’Etat.

S’en est alors suivi une crise humanitaire considérée par les organismes humanitaires comme l’une des plus graves que la RDC a connues. Cette nouvelle période sombre de l’histoire congolaise a également jeté une lumière crue sur des violations des droits de l’homme, l’un des points noirs du mandat de Kabila.

En route pour la première alternance démoratique ?

Le président de 49 ans est accusé en RDC et au-delà des frontières d’avoir rétréci l’espace politique et de réprimer les opposants politiques ainsi que les activistes de la société civile. Ces accusations ont pris de l’ampleur dès 2016, à l’approche de la fin du deuxième mandat constitutionnel de Kabila et de la tenue annoncée de la présidentielle.

Mais cette élection ne s’est jamais tenue en dépit de la pression croissante des chancelleries occidentales et de l’opposition. Bien au contraire, les manifestations menés pour rétablir l’ordre constitutionnel et exiger la tenue du scrutin ont été réprimées dans le sang à plusieurs reprises.

Grâce à un accord obtenu sous l‘égide de l‘Église catholique, la République démocratique du Congo a non seulement pu éviter l’embrasement, mais s’est également mise à rêver de sa première alternance démocratique … sans Kabila.

Avec africanews


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