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RCA : nouveaux massacres et danger pour l'accord de paix

Le groupe armé 3R de Bi Sidi Souleymane, alias Sidiki, signataire de l’accord de Khartoum, est accusé d’avoir massacré une trentaine de civils à Paoua. L’ONU et les autorités nationales exigent la vérité sur ce drame.

24 Mai 2019    

 Il s'agit de la tuerie la plus importante depuis la signature, le 6 février dernier, d'un accord de paix,entre le gouvernement et 14 groupes armés. Selon nos informations, des éléments du mouvement 3R, dont le chef est le conseiller spécial militaire à la primature, ont ouvert le feu sur les habitants des villages mitoyens de Paoua, pour venger l'assassinat, le 10 mai dernier, d'un éleveur peul. Une trentaine de personnes seraient mortes.

"Une réunion se tenait mardi matin à Koundjili et à Lemouna. Des criminels sont arrivés et ont ouvert le feu" sur les habitants, a expliqué au cours d'une conférence de presse, ce mercredi à Bangui, le général Pascal Champion, qui dirige la police au sein de mission locale de l'ONU (Minusca).

Condamnation

"La Minusca condamne avec la dernière énergie ces tueries", a écrit sur Twitter le représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique. Mankeur Ndiaye exige que "les auteurs de tels crimes soient recherchés, arrêtés et traduits devant la justice".

Pour sa part, le colonel Sow, chef des opérations de la Minusca, a qualifié ces tueries "d'acte terroriste". "Il n'y a pas de base des 3R dans les environs de la tuerie, cela signifie qu'ils sont venus de loin, et ils ont agi presque simultanément sur différents sites, donc on peut parler d'attaques coordonnées", soutient-il.

Ultimatum

Dans la foulée, les autorités locales ont ouvert une enquête avec le soutien de l'ONU, dont les Casques bleus patrouillent dans la région en compagnie des forces armées centrafricaines, les FACA. En outre, la mission de l’ONU en RCA et le gouvernement centrafricain ont lancé mercredi un ultimatum au leader du groupe 3R, (Retour, réclamation, réconciliation), Bi Sidi Souleymane, alias Sidiki, pour que les auteurs de ces massacres soient retrouvés et traduits en justice. Celui-ci est en charge  depuis le 25 mars 2019 de la mise en place des unités mixtes associant membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et groupes armés.

Que se passera-t-il à l’expiration, samedi, de l’ultimatum ? "Le gouvernement juge inacceptable de tels actes de barbarie, au moment où il a fait le choix de la paix", a déploré insisté le porte-parole du gouvernement. Pour Ange Maxime Kazagui,"il s'agit d'opérations qui, forcément, seront confidentielles et qui seront décidées par la plus haute hiérarchie. Laissons-leur le temps, puisque l'accord dit bien que quand il y a un problème, il faut d'abord aller à la recherche des solutions avant d'aller à la répression".  

Fragilité de l’accord de Khartoum

Les tueries de Paoua révèlent la fragilité dans la mise œuvre de l’accord de Khartoum. Plus de trois mois après la signature de cet accord, le désarmement des groupes armés n’a pas commencé. Ces derniers occupent toujours de pans entiers du territoire national.

L’ancien ministre Centrafricain, Abakar Sabone, désormais porte-parole du FPRC, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, dirigé par l’ancien président de la transition, Michèle Djotodia, estime que la sensibilisation n'a pas été encore effective sur l’ensemble du territoire. "Certains combattants ne savent même pas les tenants et les aboutissants de ces accords et vous leur demandez de déposer les armes ?", interroge-t-il pour appuyer ses propos.

L’ignorance du contenu de l’accord de Khartoum par certains mouvements armés est également pointée du doigt par l’ancien Premier ministre et challenger du président Faustin-Archange Touadéra lors du second tour de l’élection présidentielle de février 2016, l’opposant Anicet-Georges Dologuélé, qui est aussi le leader de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA).

Avec DW

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