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Libye: la communauté internationale demande à Haftar de stopper son offensive

De violents affrontements ont opposé ce vendredi 5 avril les troupes du maréchal Khalifa Haftar à celles du gouvernement d'union nationale de Fayez el-Sarraj, reconnu par la communauté internationale – notamment par les Nations unies, qui craignent une escalade de la violence et demandent à l'homme fort de l'Est libyen d'arrêter son offensive sur Tripoli.

06 Avr 2019    
Le secrétaire général de l'ONU António Guterres et l'homme fort de l'Est libyen Khalifa Haftar se sont rencontrés à Benghazi, le 5 avril 2019. Le secrétaire général de l'ONU António Guterres et l'homme fort de l'Est libyen Khalifa Haftar se sont rencontrés à Benghazi, le 5 avril 2019.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, vient de quitter la Libye. Il s’est déclaré en partant « profondément inquiet », lui qui était arrivé ce mercredi dans le pays. Il a rencontré, jeudi 4 avril, le chef du gouvernement d'union nationale à Tripoli, et s’est rendu ce vendredi à Benghazi, dans l’Est libyen, pour y rencontrer le maréchal Haftar.

Le secrétaire général de l’ONU souhaitait éviter la confrontation militaire et l’espère toujours. En vain, pour l’instant. Khalifa Haftar refuse visiblement la solution politique. Selon la chaîne de télévision saoudienne Al Arabia TV, il aurait affirmé à António Guterres que l'opération pour libérer Tripoli se poursuivra jusqu'à « l'élimination du terrorisme ». C'est déjà l'argument qu’il avait avancé mercredi soir pour annoncer l'offensive.

Sur le terrain, cela se matérialise par des affrontements. Les combats ont redoublé immédiatement après le départ du secrétaire général de l'ONU et malgré les appels au calme lancés par la communauté internationale.

Situation mouvante

Les forces de l'autoproclamée « Armée nationale arabe libyenne » sont entrées, vendredi en fin de journée, dans Ben Gashir, à moins de 30 km au sud de Tripoli. Après avoir essuyé un revers à l'entrée ouest de la ville, c'est donc par le sud que Khalifa Haftar tente de faire sauter le verrou pour pénétrer dans Tripoli.

Les forces d'Haftar affirment avoir pris possession de l'aéroport international mais le gouvernement d'union nationale dit les avoir déjà délogé. Le porte-parole de l'Armée nationale libyenne promet en tout cas qu’ils seront aux portes de Tripoli dès samedi matin. L'ANL affirme par ailleurs qu'un chef de la défense de Tripoli aurait été blessé au combat. Il s'agirait d'Eghnéoua al-Kelkli, une information pour l’heure impossible à vérifier.

Afin d'assurer le ravitaillement, qui va être une donnée stratégique si les combats perdurent, les hommes de Haftar ont sécurisé les villes de Azazya au sud-ouest et de Tarhouna au sud-est, a affirmé le porte parole des forces de Haftar vendredi soir.

Revers à l'ouest

Les hommes de Khalifa Haftar se sont vus chassés vendredi matin de la porte 27 dont ils avaient pris le contrôle jeudi. Ce revers subi à l'ouest de Tripoli a mis en déroute les unités 106 et 107, avec 5 morts et 128 prisonniers. Elles étaient pourtant les troupes d'élites de son armée.

Haftar doit donc maintenant compter sur les brigades locales qui lui ont prêté allégeance, en attendant que ses autres bataillons basés au sud du pays n'arrivent. Ces milices sont moins bien armées et disciplinées. Surtout, elles pourraient retourner leur veste si la situation s'enlisait. Une pratique très courante en Libye.

L'ONU appelle à l'arrêt des combats

Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni vendredi en urgence à huis clos, a demandé aux forces du maréchal Khalifa Haftar d'arrêter leur offensive vers la capitale libyenne Tripoli, prévenant que cette action militaire menaçait la stabilité du pays.

Mais l’envoyé spécial de l’ONU Ghassan Salamé a indiqué avoir reçu une fin de non-recevoir de l’homme fort de l’Est libyen qui signe l'impuissance des Nations Unies à agir sur le processus politique. L’urgence est pour l’instant à la désescalade en Libye et pour ce faire, le Conseil de sécurité a parlé à l’unisson pour demander la fin de cette offensive militaire qui a pris tout le monde de court à New York.

Cet acte de défiance sans précédent pour le processus politique que l’ONU menait laborieusement en Libye remet en question la grande conférence nationale de réconciliation que l’organisation espérait organiser du 14 au 16 avril prochain, rappelle notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

La volonté du maréchal Haftar est double: peser lourdement sur les négociations et tester les capacités de sa force, en position triomphante après les batailles dans le Sud libyen.

Avec rfi

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