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Cameroun: le gouvernement met en place des comités de vigilance pour lutter contre les séparatistes

Alors que le dialogue annoncé par le gouvernement camerounais pour résoudre la crise anglophone est au point mort, les autorités ont mis en place des comités de vigilance qui risquent de diviser davantage la population.

10 Juil 2019    

 Ces comités de vigilance ont  été créés en 2012. Ils ont déjà été utilisées dans la lutte contre la secte islamiste Boko Haram. Désormais, ils vont aussi servir dans la crise anglophone, car l’Etat a décidé d’associer les populations contre les attaques des sécessionnistes.

"Contrairement à la menace de Boko Haram qui venait de l'extérieur, les séparatistes connaissent le terrain. Ils savent qui est qui. Ils se connaissent entre eux. Donc, il est plus facile pour eux de repérer les éléments civils qui tenteraient de s’adonner à de telles activités. Ils peuvent s'en prendre à ces civils. Ils peuvent s’en prendre à leurs familles. Donc, ce n'est  pas du tout un service rendu aux populations civiles que de les associer à ce genre de réponse",  redoute Joseph Léa Ngoula, analyste politique et sécuritaire.

Dialogue

La DW n’a pas réussi à joindre au téléphone les autorités politiques du Cameroun pour en savoir plus sur les raisons de la mise en place de ces comités de vigilance. Mais les autorités militaires ont estimé que la stratégie sera efficace, comme elle l'a été dans l’extrême-nord du pays, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

"Il faut démilitariser la zone anglophone. Il faut appeler à un cessez-le feu. Il faut libérer les personnes incarcérées dans le cadre de cette procédure. Il y a de vraies mesures à prendre et notre gouvernement, les Camerounais ignorent pourquoi, refuse de les prendre pour que la crise s'arrête. C'est une fausse route. Il faut que l'Etat du Cameroun commence à prendre de bonnes mesures", suggère Emmanuel Simh, avocat au barreau de Yaoundé et 3e vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, le parti de l'opposant en prison Maurice Kamto.

Par ailleurs, les séparatistes exigent  la libération de leur leader, Julius Sisiku Ayuk Tabe, arrêté en janvier 2018 au Nigeria, puis extradé au Cameroun, en compagnie de neuf autres cadres de son mouvement qui revendiquent l’indépendance de deux provinces anglophones du Cameroun. Leur procès a repris ce mardi matin (09.07) devant le tribunal militaire de Yaoundé. Chef d’inculpation : terrorisme et incitation à la violence.

 Les séparatistes anglophones du Cameroun exigent la création d'un Etat indépendant dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. En 2017, après un an de protestation, ils ont pris les armes contre le pouvoir de  Yaoundé. Le conflit a fait en  vingt mois 1.850 morts et au moins 530.000 personnes ont été poussées à quitter leur domicile selon l'ONU.

Avec DW

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