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Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’Africain qui a entrepris de réformer l’Organisation mondiale de la santé

Elu avec 133 voix au troisième tour de scrutin, l’éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus est devenu, le 23 mai 2017, le premier africain à prendre la tête de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Une consécration pour le spécialiste du paludisme qui s’était déjà distingué en tant que ministre de la santé et ministre des affaires étrangères.

12 Jan 2019    

L’élection de Tedros Adhanom à la tête de l’OMS était historique, pas seulement parce que l’ancien ministre de la santé est africain. Pour la première fois, le destin de l’OMS était confié à un non-médecin. 18 mois après son élection, l’Ethiopien fait face à la difficulté de problèmes tels qu’Ebola, les faux médicaments et la sécurité alimentaire. Comme il l’explique lors de sa première conférence de presse, en février 2018, ses premiers mois ont été « de véritables montagnes russes ».

Pas médecin, mais docteur en santé communautaire

Avant son élection à l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus était déjà bien connu dans le milieu africain de la santé. Né à Asmara, en Erythrée, le 03 mars 1965, il se distingue assez tôt par de brillantes études primaires et secondaires. Après son baccalauréat, il obtient une licence en biologie de l'Université d'Asmara avant de rejoindre le ministère de la Santé en tant qu'expert de santé publique junior.

OMS 3

18 mois après son élection, Tedros Adhanom fait face aux difficultés de sa nouvelle tâche.

Il choisit, ensuite, de poursuivre ses études à l’université de Londres, en Angleterre. Il y obtient, tour à tour, un master en immunologie et maladies infectieuses, en 1992, puis en 2000, un doctorat en santé communautaire à l’université de Nottingham.

Le natif d’Asmara réussit à réduire de 22,3% la prévalence du sida dans la région et fait baisser de 68,5% les cas de méningite. Il connecte grâce aux TIC la plupart des hôpitaux et cliniques de la région et augmente de 50% l’effectif du personnel de santé de Tigray.

Pour sa thèse, il travaille sur « Les effets des barrages sur la transmission du paludisme dans la région de Tigray, au nord de l'Éthiopie ». Son approche de la question est si prometteuse, qu’en 2001, il est nommé chef du bureau régional de santé de Tigray. Le natif d’Asmara réussit à réduire de 22,3% la prévalence du sida dans la région et fait baisser de 68,5% les cas de méningite. Il connecte grâce aux TIC la plupart des hôpitaux et cliniques de la région et augmente de 50% l’effectif du personnel de santé de Tigray.

Réformateur du système sanitaire éthiopien

De 2005 à 2012, il est nommé ministre de la santé, par l’ancien premier ministre Meles Zenawi. C'est durant cette période qu'il commence à mettre en place un ambitieux programme de réformes de la santé basé sur l’amélioration de l’infrastructure sanitaire, le renforcement des agents de santé et la lutte contre l’insuffisance des services pharmaceutiques. Reprenant certaines des méthodes ayant conduit à son succès en tant que chef du bureau régional de santé de Tigray, il dynamise le secteur éthiopien de la santé. Durant ses sept années à la tête du ministère, il crée 3500 centres et 16 000 postes de santé et est à l’origine de la formation de plus de 38 000 « agents de vulgarisation sanitaire » à travers le pays.

Sur le plan international, il a présidé le fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, de 2009 à 2011, avec des résultats hors du commun. En 2012, il est nommé ministre des affaires étrangères. A ce poste, il se distinguera notamment en coordonnant les efforts de l’Union Africaine lors de l’épidémie d’Ebola en 2014.

« Je refuse d’accepter que les gens meurent parce qu’ils sont pauvres. Je fais les promesses suivantes : travailler sans relâche pour concrétiser la promesse de garantir la couverture sanitaire universelle, veiller à ce qu’il y ait des ripostes solides dans les situations d’urgence »

En 2017, il se présente pour devenir président de l’OMS. « Je refuse d’accepter que les gens meurent parce qu’ils sont pauvres. Je fais les promesses suivantes : travailler sans relâche pour concrétiser la promesse de garantir la couverture sanitaire universelle, veiller à ce qu’il y ait des ripostes solides dans les situations d’urgence », assure-t-il lors de la présentation de sa candidature. Contre toute attente, il est élu.

18 mois très éprouvants

18 mois après son élection, Tedros Adhanom fait face aux difficultés de sa nouvelle tâche. Il s’était promis de réformer l’OMS en élargissant sa représentativité géographique. Quelques mois plus tard, ses détracteurs estiment qu’il privilégie cette promesse au détriment des critères de compétences.

 Tedros Adhanom Ghebreyesus 2018

Vient ensuite le problème du financement.

Vient ensuite le problème du financement. Il faut rappeler que l’OMS est financée à 25% par des contributions obligatoires des Etats membres et à 75% par des contributions volontaires.

Il faut rappeler que l’OMS est financée à 25% par des contributions obligatoires des Etats membres et à 75% par des contributions volontaires.

Jusque-là, l’Ethiopien ne semble pas avoir trouvé de modèle lui permettant de mobiliser plus de fonds. Dans le même temps, Ebola et le commerce de faux médicaments ne chôment pas. 
La tâche semble plus compliquée que prévue pour l’Ethiopien. Malgré tout, ses états de services appellent à la patience. Tedros Adhanom a encore 3 ans pour réformer l’OMS.

Avec agenceecofin

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