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Zimbabwe : Ouattara appelle Mugabe à « quitter ses fonctions dans la dignité »

Le chef de l'État ivoirien s'est exprimé vendredi à Abidjan sur la crise au Zimbabwe. Alassane Ouattara estime qu'il est temps que le président Robert Mugabe, confronté à un coup de force de son armée, « cède son fauteuil à une nouvelle génération ».

18 Nov 2017    
Robert Mugabe, ce vendredi 17 novembre, lors de sa première apparition publique depuis le coup de force des militaires, en début de semaine. Robert Mugabe, ce vendredi 17 novembre, lors de sa première apparition publique depuis le coup de force des militaires, en début de semaine. © Ben Curtis/AP/SIPA

Les chefs d’État africains n’ont pas la même appréciation de la crise au Zimbabwe. Il y a deux jours, Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine (UA), dénoncait un « coup d’État » et demandait aux militaires de « mettre un terme immédiat à leur action ». Une position qu’il a réaffirmé dans une interview accordée jeudi au journal Le Monde.

Son homologue ivoirien pense visiblement différemment. « Il faut que le président Mugabe puisse quitter ses fonctions dans la dignité. C’est le message que j’ai transmis au président de l’Union africaine [le Guinéen Alpha Condé, NDLR]. »

Le monde a changé et ce qui se passe au Zimbabwe interpelle tous les hommes politiques et pas seulement les chefs d’État africains

« Le président Mugabe est une personnalité qui a consacré une bonne partie de sa vie à son pays et à la libération de son pays de la colonisation », a déclaré Alassane Ouattara, en marge d’une cérémonie à Abidjan. Mais pour lui, le chef de l’État zimbabwéen, âgé de 93 ans, a certes été « l’objet de respect et même d’adulation de beaucoup d’Africains et de jeunes Africains, mais le monde a changé et ce qui se passe au Zimbabwe interpelle tous les hommes politiques et pas seulement les chefs d’État africains ».

 

« Evidemment à son âge et compte tenu de la durée de ses fonctions, tout le monde est conscient qu’il est temps qu’il cède son fauteuil à une nouvelle génération », a poursuivi le président ivoirien.

A Harare, la situation est encore floue. Robert Mugabe, qui a fait sa première apparition publique depuis le coup de force ce vendredi matin lors d’une remise de diplômes, reste, sur le papier du moins, président du Zimbabwe. Il a cependant été placée en résidence surveillée avec son épouse Grace par les militaires, dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 novembre.

Emmerson Mnangagwa, l’ancien vice-président zimbabwéen dont l’éviction a provoqué le coup de force est pour sa part rentré jeudi au Zimbabwe.

« La partie est finie »

Le chef des anciens combattants de la guerre d’indépendance du Zimbabwe, Christopher Mutsvangwa, a aussi exhorté Robert Mugabe à quitter le pouvoir vendredi lors d’une conférence de presse.  « Nous lançons un avertissement ferme à Mugabe et à sa femme (Grace): la partie est finie. (…) Les généraux ont fait un travail fantastique, c’est fini, les jeux sont faits », a-t-il martelé. « Mugabe doit démissionner (…) selon les termes fixés par les gars en uniforme ».

Il a aussi appelé la population à se mobiliser en masse dans les rues samedi. « Nous voulons rétablir notre fierté, demain est le moment de le faire (…), nous pouvons finir le travail commencé par l’armée », a-t-il déclaré.

Avec JeuneAfrique


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