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Elections législatives au Bénin: Patrice Talon peine à convaincre

C'est ce dimanche 28 avril qu'auront lieu les législatives au Bénin. L’opposition qui en est définitivement exclue, promet de la « résistance » et la non-tenue du scrutin.

24 Avr 2019    

 Les Béninois se rendront aux urnes le 28 avril pour le renouvellement de leur Parlement. Deux blocs politiques suscités par le chef de l’Etat sont en lice pour ce scrutin inédit auquel ne prendra pas part l’opposition. Le président Patrice Talon a, le 11 avril, a fait des affirmations lors d’une émission télévisée. L’autorité est restée droite dans ses bottes. Retour sur quelques-uns de ses propos.

"Au Bénin il y a plus de 250 partis politiques. Et les deux partis regroupent ensemble plus de la moitié des partis politiques existant au Bénin. Près de 140 à 150 partis politiques. J’ai remarqué également que ces deux formations regroupent plus de deux tiers des partis politiques présents au Parlement actuellement. "

La sortie médiatique du chef de l’Etat semble avoir jeté de l’huile sur le feu. Amissétou Affo Djobo, femme politique et ancienne députée revient sur ces propos. "Quant à dire qu’ils regroupent 140 à 150 partis alors que le Bénin en compte 250 ne veut pas dire que les 100 autres restant ne représentent rien, je ne pense pas. Aucun de ces deux partis pour moi ne représente l’opposition. Je crois que c’est une farce et elle est de mauvais goût. Il faut arrêter. Nous savons comment on réunit les deux tiers des députés à l’Assemblée Nationale. Parce que le président Talon en arrivant, avait zéro député au Parlement. Il n’avait en ma connaissance aucun parti politique. Donc tous les députés qui étaient en 2015 appartenaient à des partis politiques. Ça veut dire qu’il y a quelque chose d’invisible ou de secret qui se passe, " conclut-elle.

Aux personnalités nationales et internationales ayant appelé à la prise d’ordonnance pour arrêter le processus en cours et inclure l’opposition, le chef de l’Etat répond n’être pas compétent.

Benin Cotonou | Protest der Opposition gegen Ausschluss von Wahl (Getty Images/AFP/Y. Folly)

C'est vrai selon le professeur de Droit public et science politique Moïse Laleye. Mais il reste selon lui des prérogatives dont le président peut user pour sortir le Bénin de la crise actuelle :"Je ne suis pas totalement d’accord avec lui sur les raisons évoquées. Mais constitutionnellement dans la rigueur de la loi, il n’a pas la compétence pour légiférer avec l’article 68 dans le contexte actuel. Les dispositions de l’article 41, l’article 53 qui est son serment, ont dit qu’il jure de défendre l’unité nationale. Et c’est l’article 59 qui dit que c’est lui qui assure l’exécution des lois. Mais ce sont des lois que nous sommes en train d’exécuter et ça pose problème. Il doit convoquer les forces vives de la Nation. Une première loi qui va mettre en vigueur 'mettons ça entre parenthèses', et il prend une seconde loi pour un calendrier resserré. On aura une élection bancale mais au moins ce sera une élection discutée. Parce que devant nous là où on va, c’est le vide juridique," souligne le professeur Laleye.

En attendant, la campagne électorale suit son cours avec des incidents signalés un peu partout sur le territoire national, ainsi que des difficultés dans le déploiement du matériel électoral.

Avec DW

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