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Trump écrit l'histoire avec quelques pas en Corée du Nord

 Donald Trump a quitté Séoul dimanche soir à bord d'Air Force One, au terme d'une visite historique dans la péninsule coréenne, qui l'a vu fouler le sol de la Corée du Nord, une première pour un président américain.

01 Juil 2019    
Le président des États-Unis, Donald Trump, pénètre dans la partie nord de la ligne de démarcation militaire qui sépare la Corée du Nord et la Corée du Sud, sous le regard du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 30 juin 2019. Le président des États-Unis, Donald Trump, pénètre dans la partie nord de la ligne de démarcation militaire qui sépare la Corée du Nord et la Corée du Sud, sous le regard du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 30 juin 2019. (Photo Brendan Smialowski / AFP)

 Le milliardaire doit regagner Washington après avoir rencontré dans la journée le numéro un nord-coréen Kim Jong Un dans la Zone démilitarisée entre les deux Corées.

Cette rencontre a permis de réamorcer les discussions sur le programme nucléaire de Pyongyang, un peu plus d'un an après leur premier sommet de Singapour et l'échec de celui de Hanoï en février dernier.

Les deux hommes se sont retrouvés, pour la troisième fois, dans un cadre emblématique: la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux Corées depuis la fin de la guerre (1950-53), qui a vu s'affronter également la Chine et les Etats-Unis.

Accompagné du numéro un nord-coréen vêtu de son traditionnel costume Mao anthracite, Donald Trump a franchi la ligne en béton qui matérialise la frontière, et marché brièvement en territoire nord-coréen avant de faire demi-tour.

Les deux hommes ont ensuite posé pour les photographes derrière la ligne de démarcation du village de Panmunjom, où fut signé l'armistice de 1953.

"C'est un grand jour pour le monde", s'est félicité le président américain, se disant "fier d'avoir franchi cette ligne". De son côté, Kim Jong Un a espéré "surmonter les obstacles" grâce à ses liens "merveilleux" avec M. Trump.

"Le fait que les deux pays, en dépit d'une longue relation d'hostilité, aient pu se serrer la main pour la paix à l'endroit qui symbolise la division (...) démontre que le présent est meilleur que le passé", a observé Kim Jong Un.

La veille, Donald Trump lui avait lancé sur Twitter une invitation surprise "juste pour lui serrer la main et lui dire bonjour".

"Ce sera très court mais ça ne fait rien. Une poignée de main signifie beaucoup", avait estimé le milliardaire américain.

Cette initiative est intervenue peu avant une rencontre très attendue avec le président chinois Xi Jinping portant sur la guerre commerciale, en marge du sommet du G20 au Japon.

Reprise des négociations

Après un entretien d'environ 45 minutes côté Sud, M. Trump a ensuite raccompagné Kim Jong Un vers son pays, cette fois en compagnie du président sud-coréen Moon Jae-in.

Prenant la parole devant les journalistes, le président américain a annoncé qu'il avait invité M. Kim à se rendre aux Etats-Unis, mais sans préciser de date. "Cela se fera un jour ou l'autre", a-t-il simplement remarqué.

A plus court terme, le milliardaire a annoncé que des négociateurs des deux pays reprendraient leurs discussions "d'ici deux à trois semaines" à propos du programme nucléaire de Pyongyang.

La question de la dénucléarisation de la Corée du Nord continue de bloquer le processus de détente. L'administration Trump exige que Pyongyang renonce définitivement à son programme nucléaire avant d'envisager une levée des sanctions internationales, ce que le Nord refuse.

La rencontre de Panmunjom ne suffira probablement pas à régler le délicat dossier nucléaire nord-coréen, remarquent les analystes. Mais le symbole est important pour deux pays qui se menaçaient mutuellement d'annihilation il y a encore un an et demi.

Pas du théâtre

La rencontre a "le potentiel de redémarrer les négociations", observe David Kim, analyste au Stimson Centre, un centre de réflexion de Washington, soulignant toutefois que les nouvelles discussions en préparation seront "cruciales".

"Ce qu'il faut, c'est du contenu, pas du théâtre", selon l'analyste.

En Corée du Sud, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a précisé que de premiers "échanges d'idées" entre les deux parties auraient lieu probablement à la mi-juillet.

Plusieurs candidats à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2020 se sont toutefois montrés sceptiques sur le résultat de cette rencontre, craignant une simple "séance photo" qui bénéficierait au dirigeant nord-coréen plutôt qu'une réelle avancée vers la dénucléarisation.

A l'exception de George Bush père, tous les présidents américains ont effectué une visite chargée de symbole sur la DMZ. Donald Trump aurait dû sacrifier à la tradition lors d'une première visite en Corée du Sud en 2017, mais le brouillard avait empêché son hélicoptère d'atterrir.

 

 

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