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Retirée de l'AGOA, la Mauritanie dénonce la "trahison" des Etats-Unis

Le gouvernement de la Mauritanie digère mal la décision des Etats-Unis de lui retirer le statut de partenaire commercial privilégié en Afrique formulé sous l’acronyme AGOA. Dans un communiqué, Nouakchott tance Washington, accusé de fouler aux pieds les relations bilatérales entre les deux pays.

08 Nov 2018    

La semaine dernière, le président américain Donald Trump décidait, à l’occasion de la révision annuelle du programme Agoa (Africa Growth and Opportunity Act, loi sur la croissance et les opportunités de développement en Afrique) d’exclure la Mauritanie de ce programme. Pour s’en expliquer, les Etats-Unis ont dénoncé la persistance de pratiques de “travail forcé” et “d’esclavage héréditaire”. L’exclusion de la Mauritanie de l’AGOA devrait prendre effet dès le 1er janvier.

Si dans les faits Nouakchott n’a pas grand chose à perdre au regard du faible poids de ses échanges commerciaux avec Washington – seulement 80 millions d’euros de marchandises américaines importées et 1,33 million d’euros de marchandises exportées vers les Etats-Unis – il s’indigne de la symbolique qu’implique cette décision. Mais aussi, du poids deux mesures dans la politique de sanctions américaines.

M. Trump aurait-il pris cette décision s'il s'attendait à un contrat de vente d'armes de 110 milliards de dollars avec nous ?

Il s’agit d’“une trahison des relations d’amitié entre les deux pays et une négation de nos efforts dans le domaine” de l‘éradication des pratiques esclavagistes, a déploré sur Twitter le porte-parole du gouvernement mauritanien, Mohamed Ould Maham.

“M. Trump aurait-il pris cette décision s’il s’attendait à un contrat de vente d’armes de 110 milliards de dollars avec nous ?”, a-t-il ajouté dans un autre tweet, en référence au montant des commandes militaires saoudiennes évoqué par le président américain pour expliquer sa réticence à suspendre les ventes d’armes à Ryad après l’affaire Khashoggi, ce journaliste dissident de Ryad tué dans les locaux de l’ambassade saoudienne à Istanbul.

En accusant la Mauritanie de minimiser les efforts dans la lutte contre l’esclavage et le travail forcé, les Etats-Unis apportent, en effet, du crédit aux accusations des activistes anti-esclavagistes mauritaniens qui pressent le gouvernement de mettre un terme à ces pratiques. Dans son communiqué, Washington accusait d’ailleurs le gouvernement de “restreindre la capacité de la société civile à s’exprimer sur les questions d’esclavage”.

Reconnu depuis 2015 par la Mauritanie comme un “crime contre l’humanité”, l’esclavage est désormais puni par des peines allant jusqu‘à 20 ans de prison, contre cinq à 10 ans auparavant. Toutefois, selon des ONG, la situation n’a guère évolué. Le gouvernement, au contraire, brandit des condamnations prononcées au début de l’année, contre des esclavagistes.

Avec africanews

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