frenhaessw

Le feuilleton russe de Donald Trump

Doutes sur les relations de son entourage avec des officiels russes, attitude ambigüe dans l’affaire du piratage des emails du parti démocrate, mystère de la sextape de Moscou… Retour sur les mésaventures de Trump au pays des tsars.

06 Mar 2017    

 Combien de temps Jeff Sessions va-t-il tenir? Le nouveau ministre américain de la Justice est le dernier des proches de Donald Trump à se retrouver sur le grill, pour avoir menti à propos de ses relations avec la Russie.

L’avalanche de révélations sur les relations plus ou moins troubles du candidat républicain devenu président des Etats-Unis mérite un rembobinage.

1. L’affaire du piratage des emails démocrates

A la veille de la convention démocrate, en juillet 2016, des dizaines de milliers de mails du parti sont rendus publics par Wikileaks après un piratage. La Russie est soupçonnée d’être à l’origine de ce hacking, afin de nuire à la favorite de la campagne présidentielle, Hillary Clinton. Le mobile? Moscou redouterait l’adoption d’une politique plus ferme à son égard en cas de victoire de l’ex-secrétaire d’Etat. A l’inverse, Donald Trump a multiplié les signaux d’ouverture vis-à-vis de la Russie, multipliant les compliments envers le président russe Vladimir Poutine.

Lorsque l’affaire éclate, Trump sème le doute avec zèle, semblant toujours vouloir dédouaner les Russes. « Hillary dit] La Russie, la Russie … ça pouvait être la Russie mais aussi la Chine, ou un geek obèse sur son lit, OK? » affirme-t-il lors d’un débat télévisé à propos des piratages.

Pendant la transition, le président Barack Obama ordonne une enquête et, alors que la responsabilité du Kremlin est difficile à établir, accuse le président russe d’avoir été au courant: « Il ne se passe pas grand-chose en Russie sans l’aval de Vladimir Poutine », déclare-t-il à l’occasion de son ultime conférence de presse, mi décembre.

Deux semaines plus tard, il annonce l’expulsion de 35 diplomates russes, à la faveur de la publication, par les services de renseignements américains, d’un rapport liant la Russie aux piratages. Début janvier, Trump admet finalement que la Russie ait pu avoir un rôle.

Paul Manafort à la Trump Tower le 17 aout 2016. Deux jours plus tard, il démissionne en raison de ses liens avec la Russie.

  Tandis que pèsent les soupçons sur la volonté de Moscou d’interférer dans la campagne, les démocrates se demandent si l’équipe du candidat a été en contact avec la Russie avant l’élection, et si elle a eu connaissance, voire a encouragé des cyberattaques, souligne Politico. Les républicains nient.

2. Des conseillers un peu trop familiers avec la Russie

Les révélations sur ces relations, parfois anciennes, se multiplient, pourtant. Cela commence par Paul Manafort, directeur de campagne de Trump, obligé de démissionner en août 2016, pour des liens d’affaires avec la Russie et l’ancien gouvernement ukrainien pro-russe.

Carter Page à Moscou, en décembre 2016.

A l’automne 2016, une enquête est lancée sur les contacts établis par Carter Page, conseiller aux affaires internationales du candidat Trump avec des officiels russes placés sous sanctions américaines. Cet ancien banquier d’affaires à Moscou, qui a conseillé le géant pétrolier Gazprom en 2007, se met alors en retrait.

Puis, en janvier dernier, le New York Times, révèle que les services de renseignements enquêtent sur de possibles communications téléphoniques entre trois conseillers de Trump et la Russie, dont Manafort, Page et un ami de longue date du milliardaire, Roger Stone.Tous démentent.

Roger Stone, ami intime de Donald Trump, à New Y

A l’automne 2016, une enquête est lancée sur les contacts établis par Carter Page, conseiller aux affaires internationales du candidat Trump avec des officiels russes placés sous sanctions américaines. Cet ancien banquier d’affaires à Moscou, qui a conseillé le géant pétrolier Gazprom en 2007, se met alors en retrait.

Puis, en janvier dernier, le New York Times, révèle que les services de renseignements enquêtent sur de possibles communications téléphoniques entre trois conseillers de Trump et la Russie, dont Manafort, Page et un ami de longue date du milliardaire, Roger Stone.Tous démentent.

ork le 28 février 2017.

A peine entré en fonction, le conseiller de Trump à la sécurité nationale, le général Michael Flynnest contraint de démissionner, le 14 février, après des révélations sur sa rencontre avec l’ambassadeur de Russie à WashingtonSergueï Kislyak, le jour où l’administration Obama annonçait des sanctions contre la Russie.

Flynn aurait assuré au diplomate que le président élu serait beaucoup moins sévère que l’administration Obama. Le général paie surtout pour avoir menti au vice-président Mike Pence, celui-ci ayant affirmé que le général n’avait évoqué les sanctions avec l’ambassadeur.

Le général Flynn (g) à côté de Jared Kushner (C) à la maison blanche le 13 février 2017.

Après des révélations du Washington Post, Jeff Sessions, l’une des éminences grises du président, est forcé de reconnaître avoir lui aussi rencontré l’ambassadeur russe à deux reprises en 2016. Le ministre de la Justice dément avoir commis un acte illicite au cours de ces rencontres.

Mais là encore, le problème n’est pas tant la rencontre en soit que le fait de l’avoir d’abord niée. Certains démocrates invoquent même le parjure puisque Sessions a nié avoir eu de relation avec la Russie pendant la campagne, alors qu’il était auditionné au Congrès sous serment, pour sa nomination en tant que ministre.

Sous la pression des élus des deux camps, Sessions, qui en tant que ministre de la Justice pourrait être amené à diriger une enquête le mettant en cause, s’est finalement retiré de ce dossier, jeudi.

La Maison Blanche a confirmé, jeudi soir, une révélation du New Yorker, selon laquelle le gendre et conseiller de Trump, Jared Kushner, aurait lui aussi rencontré Sergueï Kislyak, en compagnie du général Flynn, en décembre. Avant que’un nouveau nom n’apparaisse sur la liste, vendredi, celui de J.D. Gordon, conseiller en matière de sécurité pendant la campagne.

3. Allégations sur une sextape russe impliquant Trump

Comme si les autres affaires ne suffisaient pas, des médias -hostiles à Trump- révèlent l’existence probable d’une vidéo à caractère sexuel impliquant Trump. Elle aurait été tournée clandestinement par les services secrets russes lors d’une visite du milliardaire à Moscou, en 2013. Ce possible objet de chantage est dévoilé dans un rapport rédigé par un ancien agent du contre-espionnage britannique, Christopher Steele qui, depuis lors, se cache.

Trump dénonce des « fake news ». Mais selon le quotidien britannique The Independent du 2 mars, la commission des renseignements du Sénat aurait approché l’agent secret pour lui demander de témoigner.

L’ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergey Kislyakavec le premier ministre russe Dmitri Medvedev, en Virginie lors d’un sommet du G8, en 2012.

 

 

Face à cette avalanche de révélations et aux demandes de démission de Jeff Sessions, Donald Trump a assuré sa « totale confiance » à son mentor et crie à la chasse aux sorcières. Les démocrates, qui craignent que les républicains, aux manettes du Congrès, n’étouffent ces enquêtes demandent une enquête bipartite indépendante et la nomination d’un procureur indépendant.

Il est prématuré de voir dans ces affaires russes le Watergate de Donald Trump, mais pour un président en fonction depuis un mois et demi, c’est ce qui s’appelle commencer en beauté.

Afrique Media TVLe monde c'est nous.

Tweets afm

Newsletter

Recevez par mail les dernières actualtités

  • Les articles à la une
  • L'actualité du monde

Nos Contacts

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 +237 690887878
 +240 555898682
 +235 92521741
Newsletter

Recevez par mail les dernières actualtités

  • Les articles à la une
  • L'actualité du monde