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Dopage, géopolitique, russophobie: le point commun?

Alors que les Jeux Olympiques d’été 2020 de Tokyo et ceux d’hiver 2022 de Pékin approchent, l’Agence mondiale antidopage (AMA) poursuit sa pression sur la Russie avec comme l’une des éventualités la disqualification de la Russie des prochains JO. Mais au-delà de la volonté annoncée depuis plusieurs années de lutter contre le dopage dans le sport, l’AMA ne participe-t-elle pas de nouveau et tout simplement dans une énième pression géopolitique sur un pays qui refuse de se mettre à genoux?

10 Oct 2019    

A lire le mainstream occidental des dernières années, toute personne lambda serait tentée d’arriver à la conclusion que c’est la Russie qui a inventé le système de dopage. Pourtant cela est totalement faux. Le dopage est parti, et ce dès le départ de ce fléau, de l’Occident qui avait les laboratoires et technologies nécessaires pour de telles machinations.

Bien sûr – le dopage au niveau global se doit d’être combattu avec la plus grande fermeté. Mais de façon honnête, entièrement transparente et sans la politique de deux poids deux mesures. Car si l’AMA souhaitait réellement confirmer sa lutte «sans faille» contre le fléau du dopage sportif, elle aurait dû se focaliser sur tous les sportifs ayant été mêlés dans l’utilisation de substances interdites, peu importante le drapeau national qu’ils/elles représentent. Mais jusqu’à maintenant ce fut loin d’être le cas.

Faudrait-il rappeler que les noms d’un grand nombre de sportifs de premier plan représentant les pays occidentaux ont été dévoilés suite aux fuites impliquant des hackers, notamment du groupe « Fancy Bears », confirmant qu’une partie d’entre eux a soit été contrôlée positive aux produits dopants (sans subir aucune sanction), soit ayant reçus des « dérogations » pour l’utilisation de tels produits, avec la bénédiction de l’AMA – appelées communément «autorisations d’usage à des fins thérapeutique » (AUT).

Parmi ces sportifs on s’en souvient furent cités les championnes étasuniennes de tennis les sœurs Williams, les footballeurs allemands Christian Träsch, Mario Gomez et Hans-Jörg Butt, l’athlète britannique Mo Farah ou encore le tennisman espagnol Rafael Nadal.

Dans le cas de Serena et Venus Williams, il est question d’un recours à sept substances interdites, y compris lors des tournois officiels, et ce avec l’accord de la Fédération internationale de tennis (ITF) mais aussi de la déjà mentionnée ci-haut Agence mondiale antidopage (APA). Les produits utilisés sont des stimulants de la famille des glucocorticoïdes et des opioïdes. Aucune sanction ne sera prise à leur encontre, l’ITF et l’APA justifiant que cela s’est fait dans les «normes», conformément aux «autorisations reçues». Dans le cas du britannique Mo Farah, il est question de recours à la triamcinolone en 2008. En 2014, l’athlète aurait également fait usage de trois autres produits considérés comme étant des AUT. Quant à Rafael Nadal, les fuites parlent de prise de bétaméthasone, un glucocorticoïde, sorte d’anti-inflammatoire en 2009. A noter qu’ici on ne mentionne que ces quelques cas, la liste des sportifs concernés par cette situation est beaucoup plus longue.

On revient donc à la question initiale. Pourquoi la Russie doit-t-elle payer les frais dont elle est loin, très loin, d’être la seule coupable. D’autant plus qu’on arrive réellement à une situation hors norme en termes d’injustice et d’hypocrisie: d’un côté les athlètes occidentaux de premier rang reçoivent multiples autorisations, dérogations et autres avantages à utiliser des produits interdits dans le sport professionnel, d’un autre côté on s’acharne sur les sportifs d’un pays en particulier, y compris sur ceux n’ayant jamais été mêlés ni de près, ni de loin, à de quelconques problèmes de dopage.

Soyons clairs. Si certains sportifs représentant la Russie ont été contrôlés positifs à un quelconque produit dopant, il est tout à fait normal et juste qu’ils subissent les sanctions méritées. Ce qui n’est pas par contre normal, c’est que des sportifs russes, qui ne s’étaient jamais dopés, se voient eux aussi interdire la participation aux compétitions, ou lorsqu’ils sont autorisés à le faire, soient obligés de le faire sans drapeau ni hymne nationaux. Le tout parallèlement au fait que les sportifs appartenant au monde occidental ne soient, dans la grande majorité des cas, aucunement inquiétés pour l’utilisation confirmée de produits illicites dans le sport. Plus que cela, souvent avec la bénédiction des structures dont le rôle est justement de lutter contre le fléau du dopage dans le sport professionnel.

Le problème donc est-il vraiment sporti? Au vu des éléments obtenus – non. La politique internationale, les intérêts géopolitiques divergents et la Nouvelle Guerre froide 2.0 sont des éléments qui peuvent aujourd’hui expliquer cet acharnement contre les sportifs russes. Sinon comment expliquer ce favoritisme, pratiquement criminel, accordé aux sportifs de pays anglo-saxons et d’autres nations occidentales, et la discrimination ouverte et agressive visant les Russes?

Tout n’est pas encore perdu. L’AMA a encore la possibilité de montrer qu’elle possède un minimum d’objectivité et de justice. Pour cela, elle devrait cesser la stigmatisation d’une nation, sous simple prétexte que la Russie est par essence «le mal» selon ses adversaires géopolitiques. Elle devrait également adopter une position transparente, impartiale et honnête. Et surtout quitter justement l’approche politiquement motivée, qui n’a rien, absolument rien, à faire dans le sport.

Mikhail Gamandiy-Egorov, observateurcontinental

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