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Interview de Kemi Seba, le leader souverainiste panafricaniste au sujet de la mobilisation du 19 Août

En Afrique le néocolonialisme continue de spolier impunément les populations, avec la complicité tacite des intellectuels et dirigeants africains. Face à cette situation, les populations  regardent, comme des spectateurs, leur continent se vider de ses richesses. Kemi Seba figure  du panafricanisme moderne, se fait une grande voix parmi les voix de la jeunesse africaine qui appellent à une résistance intelligente.  Dans une interview accordée à votre portail d’informations lecourrierducameroun.com depuis Dakar, l’activiste revient sur son combat et annonce de nouvelles couleurs, à travers le mouvement de mobilisation des sociétés civiles de toutes les capitales africaines   : «  le 19 août, la Françafrique va entendre nos voix ».

02 Aoû 2017    
Interview de Kemi Seba, le leader souverainiste panafricaniste au sujet de la mobilisation du 19 Août Interview de Kemi Seba, le leader souverainiste panafricaniste au sujet de la mobilisation du 19 Août

Vous êtes le porte-étendard d’une nouvelle Afrique. Parlez-nous  du combat que vous menez.

Bonjour à vous. Je ne me considère pas comme un porte-étendard même si je suis très conscient que beaucoup de jeunes africains me considèrent comme tel. Je ne suis qu’une voix, qui est parvenue  à force de travail de terrain dans les rues d’Occident puis d’Afrique (bientôt 20 ans), à me faire entendre de la masse en Afrique. Mon combat peut se résumer en une phrase: “Ce que nos élites africaines n’ont pas fait pour le peuple, le peuple le fera lui-même.

L’Afrique est soumise à divers impérialismes, qui parfois s’entremêlent pour piller nos richesses. La Françafrique, l’USA-Afrique, l’Arabie Saoudite – Afrique, la Chine -Afrique. Chacun a ses intérêts pour piller notre continent. Et nous, nous avons notre courage et nos cerveaux pour les en empêcher.

Qu’est-ce que vous appelez la Françafrique?

La Françafrique est à mes yeux une relation néocoloniale que la France entretient avec bon nombre de chefs d’Etats africains. Cette relation a été mise en place par Jacques Foccart,  suite à  la volonté du général De Gaulle. Elle  se matérialise  par le rôle des réseaux extra-diplomatiques (services de renseignement, entreprises) et l’ingérence directe de l’oligarchie française dans les affaires intérieures africaines.

L’autre problème que connait l’Afrique francophone, c’est le franc CFA. Vous avez initié de manière historique le plus large mouvement de contestation contre cette monnaie (le FRONT ANTI CFA) en ce début d’année, réunissant plusieurs dizaines de milliers de gens en Afrique. En quoi cette monnaie pose problème selon vous?

La monnaie du Franc CFA est battue en France. Les  banques centrales des pays de la CEMAC et de l’UEMOA   ne peuvent  prendre aucune décision sans l’accord de la Banque de France qui via ses représentants, dispose d’un droit de veto. Comment parler de souveraineté quand les décisions économiques (qui sont le moteur de la vie politique) ne peuvent être prises sans l’accord de la puissance néocoloniale? Rajoutons à cela que les pays de la zone franc doivent obligatoirement déposer 50 % de leurs réserves de change auprès du trésor public français. Vous avez là la parfaite illustration du braquage organisé.

Pensez-vous que l’Afrique peut sortir de ce colonialisme violent par la seule contestation? Et que pensez-vous de la victimisation endémique présente chez bon nombre d’Africains?

Chaque bouleversement historique a toujours eu comme origine un noyau qui a su contaminer la masse. Le Front Anti CFA en est la plus belle illustration. Cela part du noyau de notre ONG Urgences Panafricanistes, et de notre abnégation qui a su contaminer des centaines d’associations qui se sont réunies au sein du Front Anti Colonialisme Français en Afrique. Le peuple a en lui, à condition d’avoir une stratégie bien définie, toutes les clefs pour faire basculer une société. Nous avons une stratégie définie depuis des années. Nous avons passé pas à pas, toutes les étapes. Nous sommes à l’heure de l’aboutissement du processus de réveil.

Pour ce qui est de la victimisation, nous faisons partie de ceux qui disent qu’une civilisation n’est détruite par l’extérieur que si elle est rongée de l’intérieur. Nous sommes les premiers responsables de ce qui nous arrive. Si nous ne nous rebellons pas contre une agression, c’est que nous devenons consentants.

Que pensez-vous des dirigeants africains?

A quelques exceptions près, nous n’avons pas de dirigeants africains, mais plutôt des administrateurs néocoloniaux. La rue n’a plus aucune confiance en ses élites. Et c’est justifié. Nous sommes à une période de l’Histoire où sur le terrain politique les êtres Humains vont connaitre de profonds changements de fonctionnement. Je suis convaincu que le 21ème siècle sera non plus celui des régimes présidentiels, mais bel et bien celui des sociétés civiles et de la démocratie directe, qui sera chapeautée par un régime de sages, gardiens de la tradition africaine (une nécessité à mes yeux) qui conseilleront la société. J’en suis convaincu. A nous autres, militants de la rue et du peuple, de jouer notre partition afin qu’on y parvienne.

Vous avez lancé un appel à la mobilisation des sociétés civiles de toutes les capitales africaines le 19 Aout 2017 contre la Françafrique? Qu’attendez-vous de cette journée?

J’attends un soulèvement. Intelligent. Conscient des enjeux. Structuré. Le néocolonialisme nous tue, nous asphyxie, on ne peut plus continuer sans réagir, attendre que les prétendus intellectuels africains (des faussaires pour la plupart et je pèse mes mots) nous sortent de ce marasme. Ils sont les premiers responsables de ce qui se passe car ils ne font que chercher la “reconnaissance intellectuelle” de l’Occident quand bien même ils critiquent ce dernier. C’est pour cette raison que le peuple doit prendre la parole. Il est le mieux habilité à le faire. Personne d’autre que le peuple ne mettra fin au néocolonialisme. Personne.  Et je le pense aussi du fond de mon âme, mieux vaut mourir en se battant dans nos rues contre le néocolonialisme et la mal-gouvernance, plutôt que noyé dans la Méditerranée en ayant voulu rejoindre l’Occident qui ne cesse de nous mépriser.

Certains voient en vous le leader providentiel de cette nouvelle génération. Un héritier des Sankara et Lumumba. Comment réagissez-vous par rapport à cela?

Je suis tout sauf un homme providentiel. Et ces qualificatifs ne m’intéressent pas. On parle de survie de notre espèce, pas de l’émission “la Nouvelle star”. Je ne crois absolument pas à ce concept de “messie africain” qui sauverait la masse. Sankara ou Lumumba n’auraient jamais existé sans la force de motricité du peuple. C’est le peuple qui est providentiel. Je ne suis qu’un symptôme de ce peuple.

                                                                                 Entretien mené par Joseph Essama

Source lecourrierducameroun


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