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Les femmes de Sendou demandent à la Banque Africaine de Développement à tenir ses promesses et à arrêter la centrale à charbon en pleine crise climatique

30 Octobre 2019, Abidjan Côte d'Ivoire – La Banque Africaine de Développement (BAD) tiendra-t-elle ses promesses d'ouvrir la voie à un avenir en énergie renouvelable et va-t-elle retirerer son financement et son soutien politique à l’échec de la centrale à charbon de Sendou au Sénégal, se demandent des observateurs de la société civile?

05 Nov 2019    

 Dans le nouveau rapport, Les femmes s’opposent au charbon: la centrale de Sendou de la BAD a des répercussions sur les femmes en cette période de crise climatique, elle met en évidence les effets néfastes de la centrale à charbon de Sendou sur les populations, en particulier les femmes, et les écosystèmes dans un contexte d’urgence climatique en Afrique.

Depuis 2009, les femmes transformatrices de Bargny, au sud de Dakar, au Sénégal, luttent contre la centrale à charbon de Sendou, cofinancée par la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Ouest-africaine de Développement (BOAD), la Banque néerlandaise de développement (FMO) et la Compagnie Bancaire de l’Afrique de l’Ouest (CBAO). Le projet a déjà détruit les moyens de subsistance de plus de 1 000 femmes transformatrices, affaiblit la santé de la communauté, détruit le patrimoine culturel et exclut les populations locales de la prise de décision concernant leur avenir.

Il y a un peu plus d'un mois, le président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, a révélé les plans de la BAD visant à mettre fin aux centrales à charbon sur tout le continent et à passer aux énergies renouvelables. Dans un discours prononcé lors du Sommet des Nations Unies sur le climat, le 23 septembre 2019, Adesina a déclaré aux délégués que «… le charbon est le passé et les énergies renouvelables, c’est le futur. Pour nous, à la Banque africaine de Développement, nous sommes en train de sortir du charbon. » Pourtant, la centrale à charbon de Sendou, financée par la BAD, qui a commencé à fonctionner en 2018, générera de l'électricité au charbon et des polluants nocifs pour la santé de la population locale et mondiale pendant de nombreuses années à venir.

Ce nouveau rapport des femmes qui s’opposent utilise un cadre d'évaluation d'impact écoféministe développé par trois organisations partenaires, Lumière Synergie pour le Développement (LSD), WoMin African Alliance et Gender Action. Ce faisant, il met à nu les impacts écologiques et climatiques d'un système énergétique utilisant des combustibles fossiles, qui continue de recevoir le soutien d'entreprises et de banques de développement puissantes, en dépit de preuves scientifiques convaincantes montrant qu'il constitue un facteur clé au changement climatique. La crise climatique et écologique affecte particulièrement en majorité les femmes africaines qui ont la responsabilité principale, selon une division du travail dominante du genre, de pourvoir la nourriture a la famille et de prendre soin des écosystèmes et des populations.

Alors que la crise climatique s'aggrave sur le continent africain, le moment est venu pour la BAD d'agir! Faisant écho aux appels des femmes de Bargny, LSD, WoMin et Gender Action appellent la BAD: à entamer une consultation avec la communautaire à part entière, particulièrement avec les femmes, à écouter directement leurs points de vue non médiatisés sur les impacts de la centrale à charbon de Sendou, et à réagir à leurs demandes justifiées de réparation et d’indemnisation. Au minimum, les femmes privées de leurs terres et leurs moyens de subsistance, leur santé endommagée, leur charge de travail non rémunérée et toute une série de stress sociaux, devraient être intégralement indemnisés. La BAD est également mise au défi de prendre en compte et de partager publiquement les implications de sa décision de septembre 2019 de ne plus soutenir les projets de charbon sur des projets en cours, tels
que Sendou, qui émettent ou émettront du charbon et qui entraînent les changements climatiques.

 Toutes les institutions - banques de développement, investisseurs privés, gouvernements et institutions multilatérales - devraient déjà être en mode d'urgence climatique. Ils doivent se soustraire à tous les investissements en énergie sale, en méga infrastructures et investissements agro-industriels et remettre en cause l'hypothèse de développement selon laquelle la croissance économique, extractivisme et grands projets sont synonymes de développement. La centrale à charbon de Sendou, récemment mise en service, montre comme d’habitude, à quel point la conduite des affaires doit être radicalement inversée pour que les populations et la planète puissent survivre dans les décennies à venir!

 

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