frenhaessw

L’arnaque à la Bolloré

Depuis ses débuts en 1970, brillante est la carrière de Vincent Bolloré. Il s’est illustré par son sens des affaires, du management. Mais, plus récemment, il a été très remarqué pour ses affaires douteuses en France avec Canal+ ou à l’étranger, au Cameroun.

27 Mar 2017    
François Bolloré François Bolloré

De l’esprit Canal à l’esprit Bolloré

Vincent Bolloré dirige Canal+ depuis la fin de la saison 2014-2015. Tel un putschiste, il remplace les principaux dirigeants de la chaîne par ses proches. Jean Christophe Thierry devient Président du directoire et son collègue, Maxime Saada, Directeur des programmes. Ce dernier est d’ailleurs l’adjoint du nouveau grand patron. Pourquoi tout se remue-ménage ?

Il semblerait que Vincent Bolloré n’ait pas trop apprécié la dérision de Canal. Il déclare à la radio :

« Je trouve que se moquer de soi-même, c’est bien ; se moquer des autres, c’est moins bien. »

Phrase reprise par les Guignols le soir même. Bolloré a beaucoup d’amis politiques victimes de cette émission satirique. Bolloré lui-même y a déjà été ciblé, et c’est pourquoi ce dernier a retiré Les Guignols du clair pour le passer en crypté. Et comme le serpent venimeux n’assouvit jamais sa soif de vengeance, de grandes émissions, piliers de la chaîne, telles que : Le Grand Journal ou encore Spéciale Investigation, ont disparu de l’écran. L’hypocrisie de Bolloré se fait plus que sentir lorsqu’il déclare les supprimer car il y en a trop. En réalité, l’émission a enquêté sur le Crédit Mutuel. Bolloré, léchant avec grâce les bottes de cette banque, a interdit la diffusion de cette enquête. En secondes représailles, il supprime tout bonnement l’émission. Enfin, ce n’est pas ce qui est invoqué officiellement, bien entendu. Ah là là Vinz’, jamais une représaille sans une seconde !

Je ne parlerai pas du remaniement des présentateurs et d’autres affaires car l’article vous serait trop long à lire. Mais en tout cas le célèbre Esprit Canal « de découverte, d’ouverture, d’initiative, la dérision » a laissé place au « autoritaire, privilège des partenaires et fermeture ».

De la cruauté et du « soft power »

Vincent Bolloré est aussi connu pour ses affaires économiques diverses et variées. Mais il devrait tout autant l’être pour la diversité et les multiples formes que peut prendre sa méchanceté. Ainsi peut-on définir son état d’esprit. Mais toutes ont un point commun : le profit.

Tout d’abord, il y a la méchanceté au niveau de ses employés. Le 3 juin 2016 était ratifié un accord stipulant que les employés de Canal+ toucheraient des bénéfices sur les recettes du groupe international. Il y avait donc 14 millions d’euros à répartir. Bolloré revint sur sa décision et recalcula ainsi : les employés ne se répartiront plus qu’un bénéfice sur les recettes du groupe France. De 14, on est descendu à 2.5 millions d’euros.

La promesse engagée par les cadres de Vivendi ne put être tenue. Suspectons alors des cadeaux faits aux amis de Bolloré au détriment de ceux qui travaillent pour lui. En gros, «  Quand t’es salarié chez Bolloré, sérieusement avoir tu te fais. »

Mais la méchanceté de cet homme (quoique je ne sache pas si un homme est capable d’un tel état d’esprit), ne s’arrête pas à de simples escroqueries. Le patron du Groupe Bolloré voulu taper fort et faire plaisir aux hommes politiques.

La France essaie tant bien que mal depuis plusieurs siècles d’avoir la mainmise sur certains pays africains. Et si des dictateurs se maintiennent si longtemps au pouvoir, c’est parce que les Président de la République française qui se sont succédé et les banques le veulent bien. Une technique pour contrôler les ressources africaines qui sont regorgés de richesses (pétrole, or, uranium, huile de palme,…). Il a appliqué au Cameroun la technique du Soft Power.

Connaissez-vous la méthode du Soft Power ? Il s’agit, pour faire court, d’un ensemble de méthodes visant à contrôler les mentalités d’un pays par la douceur. Par exemple, les États-Unis assoient leur pouvoir avec l’exportation du cinéma hollywoodien, des boissons (Coca-Cola, Pepsi…), ou alors en vendant l’« American Dream »… En contradiction avec le Hard Power, qui veut contrôler les mentalités d’un autre pays par la force (guerre, asservissement d’un peuple…).

Bolloré a appliqué le Soft Power dans ce pays grâce au cinéma. Cette industrie y est en déclin. Malgré plusieurs productions émergentes au cours de ces dernières années, il faut du temps aux Camerounais pour prétendre concurrencer leur voisin nigérien. Vivendi a fait construire un cinéma à Yaoundé, la capitale économique, pour faire passer le message :

« La cinématographie est relancée grâce au patron français »

Mais il ne faut pas prendre les africains pour des cons. Cette réalisation a été vivement critiquée, car les africains en ont marre que ce soient toujours les européens qui font les choses chez eux et non eux-mêmes. Même si Paul Biya n’accorde pas la plus grande importance à cette cinématographie, a-t-il vraiment le choix ?

En tout cas c’est un échec. La salle n’a jamais diffusé plus de trois films. Le dernier fut The Giver, un métrage qui ne met pas vraiment en valeur les Noirs mais… les Blancs. Une fois de plus.

De plus au Cameroun, il ne faut pas oublier que Bolloré y détient un certain pouvoir. En effet, il s’étend comme une toile d’araignée en exploitant Camrail, mais aussi la Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun, sans oublier l’agro-alimentaire avec la Safacam ou le transit avec la Saga-SDV. En outre, il contrôle aussi les ports de Kribi et Douala, la capitale politique. Avec toutes ces grandes entreprises, il agit comme un dominateur en Afrique, laissant peu de place aux Camerounais. Pense-t-il qu’il soit légitime d’exercer une suprématie sur un peuple ?

Il est vrai que le Cameroun est en Afrique. C’est peut-être son erreur. Pour beaucoup d’occidentaux, dans les pays des bamboulas, on se débrouille comme on peut. On va au puits et on ramasse un épi de blé par récolte. En plus faut pas abuser, les enfants, (ou les esclaves), n’ont pas besoin de manger parce qu’ils sont gros. Voici la pensée d’un facho d’extrême-droite.

Et enfin un dernier exemple pour montrer cette méchanceté. Toujours au Cameroun. Prenons le cas du drame d’Eseka, une catastrophe ferroviaire qui aurait pu largement être évitée, selon les autorités locales.

Le 21 octobre 2016, déraille le train n° 152. Une quinzaine de voitures se couchent et quatre tombent dans un ravin. Bilan : 79 morts – 551 blessés.

Pour améliorer les rendements, on accrocha à la locomotive beaucoup plus de wagons que le nombre maximal autorisé. De plus, le système de freinage en trois étapes était dégradé, et alors que les responsables le savaient, aucune mesure ne fut prise. Les filiales de Bolloré sont assez radines (ou même Bolloré en personne) pour ne pas remettre à neuf les trains ou augmenter leur rendement au détriment des vies. Encore une preuve que l’argent a le pouvoir sur l’humain (voir notre article sur les Banques).

Vive le patronat ! A bas les syndicats ! Oui à la suprématie de l’entreprise privée et Non à l’humanité. Telle devrait être la nouvelle devise de Vincent Bolloré.

ewingdirective


Afrique Media TVLe monde c'est nous.

Tweets afm

LE MÉRITE PANAFRICAIN DU 17 11 2017: https://t.co/SlMIgR3vTc via @YouTube
PARIS: RASSEMBLEMENT CONTRE L'ESCLAVAGE EN LIBYE DÉGÉNÈRE... https://t.co/U3kGCkON0g
ICIVIL : LA SOLUTION AU PHÉNOMÈNE D’ « ENFANTS FANTÔMES » EN AFRIQUE... https://t.co/7m1YlRaiYK
ITALIE : FUNÉRAILLES POUR 26 MIGRANTES NOYÉES... https://t.co/7RBTzXr70f

Newsletter

Recevez par mail les dernières actualtités

  • Les articles à la une
  • L'actualité du monde

Nos Contacts

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
 +237 690887878
 +240 555898682
 +235 92521741