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La croissance africaine encore trop dépendante de la Chine

Après un tassement lié à la chute des prix du pétrole, l'économie africaine devrait rebondir en 2018. Mais cette croissance reste encore dépendante du prix des matières premières et des exportations vers la Chine.

24 Jan 2018    

 Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine qui débute à la fin de la semaine devrait présenter des réformes économiques afin de consolider la croissance sur le continent africain. 

En effet, le récent tassement de la croissance économique de l'Afrique a levé des doutes sur la réalité du "miracle économique" du continent. 

Les récents chiffres, publiés le 9 janvier par la Banque mondiale et un rapport conjoint de la Banque africaine de développement (BAD), de l'OCDE et du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) viennent cependant livrer des prévisions plutôt optimistes.

Selon la Banque mondiale, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) en Afrique devrait de nouveau connaître une forte progression en 2017 et 2018 pour s'établir respectivement à 3,2% et 3,5%. 

Les chiffres de la BAD sont même plus optimistes en prévoyant 4,2% pour 2018.

L'Afrique occidentale en plein essor

Par ailleurs, toujours selon les prévisions de la Banque mondiale, l'Afrique de l'ouest devrait voir ses pays prendre la tête en matière de croissance économique, dépassant ainsi l'Afrique orientale souvent considérée comme plus dynamique. 

Ainsi le Ghana (8,3%), la Côte d'Ivoire (7,2%) et le Sénégal  (6,9%) devraient enregistrer les meilleurs résultats.

Toutefois, à l'est du continent, l'Ethiopie et la Tanzanie devraient aussi croître de manière dynamique en 2018 avec des taux respectivement de 8,2% et 6,8%.

"L'Afrique subsaharienne se porte légèrement mieux par rapport aux années noires qui ont suivi le déclin très brutal des matières premières en 2013-2014", explique Alice Nicole Sindzingre, chercheuse-associée au département d'économie de la SOAS, l'École des études orientales et africaines de l'Université de Londres. "Mais en même temps, ces rapports insistent sur la fragilité de cette possible reprise de certains Etats du continent."

En effet, les perspectives pour les pays pétroliers comme le Nigeria, le Tchad, le Gabon, l'Angola ou la Guinée équatoriale sont relativement moins bonnes, ces Etats restant économiquement dépendants des hydrocarbures dont les prix ne cessent de chuter.

Une consommation à 2.200 milliards de dollars

Cette croissance des pays africains reste hypothéquée par trois facteurs essentiels : le prix des matières premières, la santé économique de la Chine et le développement de la consommation interne.

La trop grande dépendance de l'économie africaine aux exportations de matières premières la rend vulnérable aux fluctuations de prix. L'impact a été particulièrement négatif ces dernières années sur les pays exportateurs de pétrole. 

Toutefois, cette dépendance tend à s'estomper. Ainsi, dans le cas du Nigeria, si le pétrole compte pour 90% de ses exportations, celui-ci ne représente plus que 10% de son PIB alors que la part était de plus d'un quart en 2000.

Port de Luanda, la capitale angolaise

Port de Luanda, la capitale angolaise

Par ailleurs, la grande inconnue reste l'évolution de la croissance en Chine, tant l'Afrique reste dépendante de ses relations économiques avec Pékin.

Selon une étude réalisée en 2015 par la Banque mondiale (Pigato and Tang), 27% des exportations du continent africain sont destinées à la Chine et parmi elles, les matières premières représentent 83% du total.

Enfin, selon le rapport conjoint de la BAD, de l'OCDE et du PNUD, la demande intérieure devrait être soutenue par la hausse de la population et se maintenir à une croissance de 3,5% en 2017-2018.

"Un des facteurs principaux de la hausse de la consommation en Afrique est la croissance de la population (un milliard actuellement) et le développement de la classe moyenne (350 millions)", estime le rapport qui ajoute que la hausse des dépenses devrait passer "de 680 milliards de dollars en 2008 à 2.200 milliards en 2030."

La Banque mondiale avance pour sa part des prévisions qui tablent sur un maintien de la consommation privée ainsi que celle soutenue par les achats publics. 

La faiblesse du commerce intra-africain

Un des principaux défis auxquels doit encore faire face l'économie du continent repose sur le commerce intra-africain qui reste faible même s'il est en plein essor.  Selon la BAD, le commerce intra-régional est passé de 10% des échanges en 1995 à 18% en 2015. 

"Les chiffres sur le commerce intra-régional africain, fournis par la Conférence des Nations unies pour le Commerce et le Développement (CNUCED) par exemple, sont des chiffres très optimistes", ajoute Alice Nicole Sindzingre.

"Le commerce intra-africain est en train d'augmenter. Mais il y a toujours un aspect négatif qui est au lié au fait que les économies africaines exportent des produits qui ne sont pas complémentaires et qui sont des matières premières. Par exemple, pétrole, café cacao, thé, etc. Il n'y a pas ce qui serait fondamental pour des intégrations régionales réussies : une complémentarité des produits échangés. L'Europe par exemple fonctionne bien parce que les pays européens échangent des produits complémentaires."

Malgré tout, 60% du ce commerce intra-régional est constitué par des produits manufacturés et potentiellement, l'essor de cette activité pourrait à terme limiter l'exposition de l'Afrique à des chocs liés à la chute des matières premières.

Avec DW


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"Le commerce intra-africain est en train d'augmenter", Alice Nicole Sindzingre, de l'École des études orientales et africaines de Londres.

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