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Protester contre Paul Biya oui, mais sans violence

Près d'une semaine après la visite mouvementée du président camerounais, Paul Biya, en Suisse, l'affaire continue de faire du bruit dans les deux pays. Quel regard portent les Camerounais sur cet incident diplomatique ?

05 Juil 2019    

 Quartier Odza, nous sommes dans le sud de la ville de Yaoundé. Ici les commentaires vont bon train, depuis les évènements de Genève, où le président Paul Biya a vu son séjour perturber par des manifestants. Les militants de la Brigade anti-sardinard (BAS) se sont introduits au sein de l'établissement hôtelier où séjournait le couple présidentiel, arborant des drapeaux du Cameroun et scandant des messages hostiles au pouvoir de Yaoundé. Ceci a conduit à des affrontements avec les éléments de la sécurité de Paul Biya.

Actes antipatriotiques ... 

Des actes que certains Camerounais ont condamnés. Caroline et Victor estiment ainsi que c'est antipatriotique : "Quand il y a à se plaindre, il y a une procédure. Je ne vois pas pourquoi les gens se disent Camerounais mais vont manifester dans un autre pays." "Le Cameroun est un pays de droit, le Cameroun a un président de la République démocratiquement élu. Certains de nos compatriotes qui se disent de la BAS, ont certainement un agenda caché."

Kamerun Präsident Paul Biya (picture-alliance/AP Photo/S. Alamba)

Pour d'autres Camerounais, comme Thierry, ces revendications sont légitimes : "Ce sont des manifestations qui ont lieu d'être. Ce sont des Camerounais qui, de manière directe ou indirecte, subissent la mauvaise gouvernance que nous vivons au Cameroun. Mais on peut regretter certains dérapages."

En règle générale, les Camerounais estiment qu'on peut certes protester mais qu'il ne faudrait en aucun cas franchir le cap de la violence. Arthur Awoumou est membre de la société civile. Il affirme que le président Paul Biya est en Suisse pour une "visite de travail" : "Le chef de l'Etat n est pas en vacances. Il est en Suisse pour des négociations avec quelques groupes sécessionnistes, sous l'égide de la Suisse qui a violé la convention de Genève en n'assurant pas la protection d un chef d'Etat sur son territoire."

Mais l'image du Cameroun pâtit de ce nouvel incident. Une publicité dont le président Paul Biya se serait bien passé, d'autant que les députés suisses lui demandent désormais de quitter leur territoire.

Avec DW

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