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Le risque de voir Alpha Condé s'accrocher au pouvoir

En Guinée, le gouvernement poursuit ses consultations afin de doter le pays d'une nouvelle Constitution. La question continue à diviser les Guinéens.

17 Sep 2019    

Les discussions menées par le premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana avec les acteurs politiques et ceux de la société civile devraient déboucher sur la tenue d'élections législatives avant la fin de l'année mais aussi sur l'organisation d'un référendum visant à doter la Guinée d'une nouvelle loi fondamentale, qui permettrait à Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Ainsi, le président guinéen a donc lancé un ballon d'essai en ordonnant l'ouverture de consultations autour de la tenue d'élections législatives avant la fin de l'année.

De son côté, l'opposition estime qu'il est impossible dans un délai de deux mois et demi de régler la question du choix de l'opérateur technique en charge du fichier électoral actualisé. Celui-ci contiendrait plus d'un million d'électeurs suspects.

"Un doute dans l'opinion"

A défaut d'élections législatives, le pouvoir de Conakry pourrait cependant convoquer les Guinéens pour se prononcer sur une nouvelle loi fondamentale qui permettrait au président Condé de faire sauter le verrou qui l'oblige à quitter le pouvoir fin 2020.

Pour Dansa Kourouma, président du Comité national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), les consultations en cours doivent permettre de clarifier la question du troisième mandat :

"Tout projet de réforme constitutionnelle qui ne clarifie pas la volonté du président en exercice de respecter les intangibilités constitutionnelles prévues par la Constitution en vigueur crée un doute dans l'opinion. Parce que les partisans du président de la République pensent que lorsque le président va faire adopter  une nouvelle Constitution, il aura la possibilité de se présenter. Et une bonne partie de l'opinion est opposée à l'idée d'un troisième mandat pour le président Alpha Condé."

La crainte d'une crise meurtrière

Les principaux partis de l'opposition ont déjà fait savoir leur refus de tout dialogue autour de l'adoption d'une nouvelle Constitution. A Conakry mais aussi à l'étranger, l'éventualité d'une nouvelle Constitution continue de diviser les Guinéens.

Pour Alassane Diallo, membre du Conseil des Guinéens vivant en Allemagne, le président Alpha Condé doit rester raisonnable :

"Une nouvelle Constitution pour lui permettre de se représenter serait une catastrophe pour la Guinée. Ce serait très dommage et je veux espérer que le président Alpha Condé est suffisamment averti pour ne pas lancer le pays dans un lendemain incertain, dans des confrontations inutiles qui aboutiraient à des morts. Il faut qu'il épargne la Guinée de cela et il est en mesure de le faire."

De plus en plus de Guinéens redoutent de voir la Guinée sombrer dans une nouvelle crise comme en 2010, sous le règne du capitaine Moussa Dadis Camara.

L'ex-chef de la junte militaire qui voulait s'accrocher au pouvoir avait plongé le pays dans une crise meurtrière ayant débouché sur le massacre du 28 septembre où au moins 150 personnes ont été tuées.  

Avec DW

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