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Zante Bertin Boyo, un jeune Burkinabè pour qui la fabrication des machines agricoles n’a plus de secret.

Le développement économique d’un pays passe nécessairement par le développement des petites et moyennes entreprises (PME), qui dans le cas d’un pays comme le Burkina Faso, représentent 80% du tissu économique national. Seule une vrai politique du ‘consommer local’ pourrait garantir la survie des PME dont la plus part travaillent et produisent avec des ressources limitées. C’est ce qui nous amène à parler de Zante Bertin Boyo, un jeune Burkinabè pour qui le métier de la soudure n’a plus de secret. Et c’est dans la confection des machines et équipements agricoles qu’il a choisi de se spécialiser.

21 Nov 2019    
Zante Bertin Boyo, soudeur et fabriquant de machine agricole. Zante Bertin Boyo, soudeur et fabriquant de machine agricole. Credit Photos : Eric Bamouni, 09/11/2019, Rimkieta, Ouagadougou

C’est sous un soleil brûlant que nous avons rencontré le samedi 9 novembre 2019, Zante et ses collègues préoccupés par le travail dans un atelier exposé à l’air libre dans un petit carrefour du quartier Rimkieta de Ouagadougou. Voici ce qui ressort de nos échanges.

AFRIQUE MEDIA : Parlez de votre activité, qu’est ce que vous fabriquez ici ?

Zante : Ici nous faisons de la soudure, donc nous sommes des soudeurs. Nous confectionnons des égreneuses pour la séparation des graines des épis ou fibres. Nous faisons des décortiqueuses pour décortiquer les graines, nous avons en plus des broyeurs mélangeurs et les broyeurs polyvalents pour tous travaux de broyage. Nous faisons des souffleuses qui viennent résoudre le problème du vannage manuel pratiquée par les femmes. Nous fabriquons aussi des machines en fonction du besoin, vous nous décrivez le travail que la machine doit faire et nous on le fait pour vous.

AFRIQUE MEDIA: Quelles sont les graines que vos machines traitent ?

Zante: Nos machines traitent presque tout ce qui est graine. Le maïs, le haricot, le riz, le Karité, le sorgho, le mil etc.….

AFRIQUE MEDIA: Ou avez-vous appris ce métier ?

Zante : J’ai suis dans ce métier depuis mon enfance, depuis l’âge de 15 ans, j’ai commencé avec un patron à Bobo Dioulasso et après et je suis venus à Ouagadougou pour poursuivre ma formation avec un autre patron. Et aujourd’hui je suis installé à mon propre compte.

AFRIQUE MEDIA : Depuis combien de temps vous êtes ici ? L’activité est-elle rentable ?

Zante : Mon entreprise s’appelle ACMA, Atelier de Confection des Machines Agricoles. Cela fait 2 ans que l’atelier est ouvert. Je peux dire que ça va bien, l’activité est rentable, la clientèle recherche la qualité et moi je connais mon métier et je fais des machines de qualité. Nos clients sont les particuliers,  les ONG, et  l’Etat lui-même.

AFRIQUE MEDIA: Formez-vous d’autres personnes ?

Zante : Oui, j’ai actuellement un apprenti qui est en formation ici et qui est même un jeune frère. Mais la plus part du temps, quand j’ai une grosse commande, je fais appel à d’autres collègues qui viennent m’aider à finir le travail dans les délais. Mais j’ai en projet de recruter beaucoup d’apprentis pour les former, et pour cela il me faut un grand local propre à moi ou je vais délocaliser l’atelier pour mieux gérer mes travaux et l’encadrement des apprentis.

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Moulin polyvalent et mobile. Credit Photos : Eric Bamouni, 09/11/2019, Rimkieta, Ouagadougou.

AFRIQUE MEDIA: Parlez de vos difficultés, quelles sont vos besoins ?

Zante : Pour commencer, je dirais l’argent. Étant donné que nous sommes dans la confection des machines agricoles, nous dépensons beaucoup d’argent sur les matériaux métalliques, le fer, l’aluminium, et l’inox. Comme vous pouvez le constater, le local de l’atelier est petit, il me faut une grande cours. Il y a aussi les outils de travail qui coûtent très chères, et que je n’ai pas encore pu acquérir. D’abord,  ‘la tour’ qui est un outil essentielle dans ce genre d’atelier. Vous voyez les poulies qui brillent là-bas, c’est avec une tour qu’on les fait, j’ai une tour mais elle est de petite taille, il me faut une grande tour. Il y a aussi la fraiseuse que je n’ai pas ici, et je prie Dieu pour avoir les moyens pour acheter une fraiseuse. Il me manque une machine à piteuse qui sert à faire les clavetages de poulies. C’est des machines qui sont chères et je cherche toujours les moyens de mieux m’équiper.

AFRIQUE MEDIA : Etes-vous déjà allé à l’extérieur du pays pour des formations ?

Zante : Non, non, en fait, je n’ai jamais quitté le Burkina Faso, j’ai tout appris ici.

AFRIQUE MEDIA : Avez-vous déjà vendus hors du Burkina Faso

Zante : Pas encore, mais ça m’intéresse.

AFRIQUE MEDIA : Dites-nous si la crise que vis le Burkina Faso affecte votre activité ?

Zante: Oui bien sûr, d’abord socialement, je suis hommes et je suis moralement touché par le fait que les gens meurent chaque jours à cause de la crise. Ensuite, la destination finale de tout ce que je fabrique, c’est le monde rurale, ce sont les champs. Si ça ne va pas là-bas, ce n’est pas bon. Enfin, il y a des investisseurs qui quittent le pays et ceux qui devaient venir ne viennent plus, et ça, ça ralenti les affaires. Actuellement c’est la campagne du maïs, s’il y a un financement je peux fabriquer des machines et moi-même m’installer dans des villages pour  gérer des opérations d’égrenage.

AFRIQUE MEDIA : Votre mot de fin

Zante : Ce dont j’ai le plus besoin, c’est une cours ou je pourrai m’installer pour mieux lancer mon entreprise.

Balele Eric Bamouni

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