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La vision minière en Afrique: pour une harmonisation bénéfique des politiques régionales

Il ya une nécessité du couplage de connaissances à travers l’encadrement d’un bloc de visions africaines sur le secteur minier, ceci pour le bien de tous les Africains. C’est l’idée défendue par quelques experts du secteur minier de la Commission de l’Union Africaine, lors des séances de travaux sur la sensibilisation de la presse panafricaine autour du processus d’industrialisation du continent. La vision minière d’une Afrique « d’abord », c’est semble t-il, ce par quoi passe cette industrialisation dudit secteur.

30 Sep 2019    
Vue de la salle de l'atelier de sensibilisation de la presse panafricaine sur l'industrialisation dans le secteur minier, le 26 septembre 2019 à Addis-Abeba. Vue de la salle de l'atelier de sensibilisation de la presse panafricaine sur l'industrialisation dans le secteur minier, le 26 septembre 2019 à Addis-Abeba. Crédit photo : GIZ

 C’est un constat accablant que l’on peut dresser du fossé existant entre l’incommensurable richesse du sol africain et l’insuffisante capacité d’exploitation de ces ressources minérales. Selon un rapport de Jules Rommel Touka, statisticien économiste et expert macro-économiste CEEAC, lors de l’atelier régional et lancement de projet N’djamena au Tchad, sur le secteur minier en Afrique centrale, tenu des 25 au 30 novembre 2015, après plus de 60 ans d’exploitation, ce secteur contribue à peine à 2% du PIB de la région. Selon l’expert toujours, ces manques à gagner seraient dus à une couverture insuffisante (moins de 40% du territoire) par les programmes d’inventaires miniers (ce qui laisse peu de possibilité pour la planification de la gestion des ressources), la faiblesse voire même l’inexistence de capacités institutionnelles publiques d’appui au secteur minier (et par conséquent, un déficit d’actions de promotion des ressources minérales de la région), l’opacité relative à l’attribution des permis miniers et la longueur des délais pour leur obtention, les déficits en ressources humaines qualifiées et notamment l’absence de structures nationales voire régionales formant aux métiers de la mine, entre autre.

La vision minière africaine, une mine d’or

Il ya donc urgence d’une vision à moyen et long terme du développement du secteur minier, telle que prévue dans la vision minière africaine. Pour Paul Msoma, responsable de l’unité en charge des mines et chef du Centre de développement des minéraux africains à la Commission de l’Union Africaine, il est en réalité question de voir le secteur minier comme un catalyseur au développement de l’Afrique, car tout passe par l’exploitation des minerais. Dans presque tous les secteurs qui ont besoin d’être industrialisés, la pépite minière entre en jeu. Pour lui, ce secteur est une véritable mine d’or d’opportunités, permettant aux Africains de profiter pleinement des revenus de ces gisements de diamant, cuivre, bauxite, fer, cobalt nickel, manganèse, coltan, entre autre minerais. Objectif : transformer ces richesses pour un développement durable et inclusif. Dans la région centrale du continent par exemple, on note en 2015, la production de plus de 150 millions de tonnes de pétrole par an générant près de 60 millions de valeur ajoutée et 100 millions de recettes d’exportation.
Dix ans déjà que la vision minière africaine est née. Issue de l’adoption des textes de chefs d’états et de gouvernements, elle avait été dotée d’une portée sur le long terme, pour une exploitation optimale, équitable et transparente des ressources minérales, afin d’assurer un développement durable au continent. Pilier incontournable dans l’atteinte des objectifs de l’agenda 2063 (qui implique une transformation structurelle socio-économique), l’industrialisation passe également par le secteur minier en Afrique : une preuve par trois. En effet, le Centre de Développement des Minerais Africains (au sein de la Commission de l’Union Africaine) a, depuis sa création en 2013, dressé une feuille de route en trois dates, qui comprend les facteurs de développement de la période de 2013 à 2038, ensuite la technologie et l’efficacité de 2038 à 2039, et enfin, l’innovation et la connaissance, de 2039 à 2063. Dans le même ordre d’idées, c’est en 1980, que le plan d’action de Lagos pour le développement économique de l’Afrique de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) identifiait déjà ce secteur comme un pilier de développement et dressait un diagnostic.  En outre, l’Union Africaine a élaboré et adopté un document sur la vision minière africaine à l’horizon 2050 au sommet des chefs d’états en 2009, qui permet aux pays africains de lever les obstacles au développement du continent dans le secteur minier.

Urgence d’une industrialisation dans le secteur minier

Dans un contexte social, environnemental et politique africain, le couplage de connaissances géologiques (enquête systématique et développement de cibles), au développement de ressources humaines (ingénieurs, scientifiques, ressources humaines, etc.), aux recherches, au développement et à l’innovation, pourrait aboutir à la réalisation de l’assemblage de toutes les ressources minérales du continent. Il en est de même du couplage infrastructurel (qui comprend le secteur des transports, de l’eau, des TIC, etc.), au fiscal, et à d’autres secteurs de l’économie locale, régionale et globale.

Les diverses ressources minérales et de production, coordonnées de marchés régionaux et également à l’ingéniosité et à l’énergie d’Africains, sont la preuve d’une combinaison puissante pour les ressources régionales basées sur la croissance et le développement équitable, et contribuent à l’industrialisation des stratégies africaines. D’après Paul Msoma, il existe des ressources qui sont exploitées sur le continent africain et qui, dès lors, ont besoin de voir leur production boostée.

Grâce à une meilleure utilisation des recettes tirées de l’exploitation minière, il faut mettre en avant des politiques publiques globales et cohérentes pour un développement fondé sur les ressources sur toute la durée de vie du secteur et de grands projets, il faut une meilleure gestion de l’impact sur le plan national et aussi de l’impact local, qui est important, il faut également un renforcement des capacités, notamment administratives, dans les domaines où c’est le plus nécessaire en vue d’améliorer la contribution globale du secteur minier (éducation et développement des compétences, administration fiscale, gouvernance au niveau local, analyse sectorielle, capacités à contenu local), enfin, un soutien à une économie politique positive avec une consolidation mutuelle des intérêts publics et privés touchant à la gestion de la rente minière (Conférence du FMI, 21-22 mars 2012, Kinshasa/RDC « La gestion des ressources en Afrique », Conseil international des mines et des métaux).

LYNDA SIBAFO, Envoyée spéciale à Addis-Abeba

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