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Amoncellement de nuages, annonciateurs d’une probable nouvelle crise financière aux USA

Jeudi 21 juin 2018, la banque centrale américaine (Federal Reserve) a publié les résultats des tests de solidité des 35 plus grosses banques (domestiques et filiales de banques étrangères) opérant aux Etats-Unis. Il en est ressorti que ces institutions sont suffisamment capitalisées, pour faire face à une crise financière dans le pays. « Malgré un scénario difficile et d'autres facteurs qui ont affecté le test de cette année, les niveaux de fonds propres des banques par rapport à une hypothétique récession mondiale sont plus élevés que ceux des années précédant la dernière récession (crise de 2008) » a fait savoir Randal K. Quarles le vice-président de l’institution d’émission monétaire américaine. Et pourtant…

23 Jui 2018    

Cette déclaration résume des indicateurs fournis dans un rapport de près de 140 pages et surtout donne l’accord aux 35 banques testées, pour payer un niveau de rémunération record de 170 milliards $ à leurs actionnaires, sous la forme de dividendes distribués et de rachats généreux de parts. Le rapport fait ressortir que les revenus des banques montent en flèche, soutenus par les réductions d'impôts et les mesures prises récemment pour assouplir la réglementation. Avec les données de ce test, ces banques pourraient même faire du lobbying pour encore plus d’assouplissement des règles.

FED

Pour la FED, tout va bien.

La FED a en effet estimé, pour ses tests, que ces banques pouvaient subir des pertes jusqu’à 578 milliards $. Elle a aussi émis l’hypothèse que le taux de chômage atteigne les 10% et que la courbe de rendement des obligations soit amenée à s’inverser. Dans un tel scénario catastrophe, le niveau de fonds propres des grandes banques américaines les placerait encore au-dessus des normes règlementaires

Une solidité du secteur bancaire sur fonds de signaux inquiétants

Malgré ces bons chiffres pour le secteur bancaire, certains analystes estiment que la situation actuelle de l’économie américaine, et même mondiale, est en train de se diriger vers une nouvelle crise financière qui prendra naissance aux Etats-Unis. 

L’une des explications les plus répandues, c’est que les signaux d’alerte concernant l’endettement du gouvernement, des ménages et du secteur productif sont en train de pointer à l’horizon. Les bons chiffres de l’emplois aux Etats-Unis et la hausse des taux directeurs par la banque centrale américaine, ont tendance à pousser les prix vers le haut, alors que le dollars US est à un bas niveau.

L’une des explications les plus répandues, c’est que les signaux d’alerte concernant l’endettement du gouvernement, des ménages et du secteur productif sont en train de pointer à l’horizon.

Mais bien plus que l’inflation qui plombe les revenus d’intérêts, et font peser un risque de non remboursement des crédits accordés aux clients de banques, plusieurs autres facteurs sont à prendre en compte.

Premièrement, les ratios d'endettement des Etats, qui sont les premiers clients des banques américaines, ont été autorisés à augmenter pendant des décennies, même après la crise de 2008. En plus de cela, ce problème de déficit public qui, avant la crise, était avant tout un problème des économies avancées, s'est depuis mondialisé.

Deuxièmement, selon des analystes, la tolérance pour les prises de risque menace la stabilité financière future, tout comme le constat d’une réduction des marges bénéficiaires pour de nombreuses institutions financières traditionnelles.

Troisièmement, la mauvaise allocation des ressources réelles par les banques et autres institutions financières est encouragée par cet environnement monétaire. Étant donné que les marchés ne sont pas en mesure d'allouer correctement les ressources, en raison des actions des banques centrales, la probabilité que les engagements de dette croissants ne soient pas honorés a fortement augmenté.

Un autre élément clé qui engage plusieurs grandes banques américaines, est le niveau d'endettement très élevé dans le monde. Selon les estimations du FMI, le niveau global de la dette publique par rapport au Produit Intérieur brut mondial est aujourd'hui sensiblement plus élevé qu'en 2008. Il est particulièrement inquiétant de constater que, loin de diminuer, la dette publique italienne a augmenté ces dernières années pour atteindre 135% du PIB. A cela il faut ajouter l’énorme masse de la dette privée qui dépasse de très loin les valeurs des sociétés.

Il est particulièrement inquiétant de constater que, loin de diminuer, la dette publique italienne a augmenté ces dernières années pour atteindre 135% du PIB. A cela il faut ajouter l’énorme masse de la dette privée qui dépasse de très loin les valeurs des sociétés.

Selon un analyste de Citigroup, il sera difficile pour la Banque Centrale Européenne d’absorber une nouvelle crise de la dette. Par ailleurs, avec le relèvement des taux qui s’explique par la vigueur de la demande intérieure des Etats-Unis, on ne sait pas si la banque centrale américaine pourrait encore mener les interventions massives de type post 2008.

Money Printer

Les banques américaines sont autorisées à verser cette année 170 milliards $ de dividendes.

Le dernier argument qui fait penser à la possibilité forte d’une nouvelle crise financière, c’est le niveau de valorisation boursière qui semble porté par des pression spéculatives. L’adoption d’une réduction des taxes a amené de nombreux investisseurs à penser que les marges nettes des entreprises vont s’accroître, ainsi la valeur des sociétés cotées sur le marché américain a explosé.

Avec des taux d’intérêt élevés sur les obligations, les investisseurs se rueront sur les bons du trésor public américain, ce qui pourrait provoquer l’explosion de la bulle spéculative autour des actions, et une déferlante sur l’ensemble des marchés dans le monde.

Or des économistes américains relèvent justement que ces réductions d’impôts, dans un contexte d’accroissement des dépenses publiques, vont pousser le gouvernement américain à solliciter davantage le marché des capitaux. Avec des taux d’intérêt élevés sur les obligations, les investisseurs se rueront sur les bons du trésor public américain, ce qui pourrait provoquer l’explosion de la bulle spéculative autour des actions, et une déferlante sur l’ensemble des marchés dans le monde.

Le consensus et des rejets pour voiler les problèmes

Intervenant sur une chaîne de télévision, Anat Admanti, une célèbre professeure de la Standford University, a trouvé prématuré que des banques puissent être autorisées à fortement rémunérer leurs actionnaires. Elle pense qu’il faut interdire aux banques systémiques de telles pratiques, jusqu’à ce que l’on soit sûr, qu’en cas de difficultés, elles n’auront pas besoin de l’argent public, comme cela a été le cas avec la crise de 2008.

Elle pense qu’il faut interdire aux banques systémiques de telles pratiques, jusqu’à ce que l’on soit sûr, qu’en cas de difficultés, elles n’auront pas besoin de l’argent public, comme cela a été le cas avec la crise de 2008.

Les performances de certaines de ces banques systémiques semblent lui donner raison. La Fed exige en effet des grandes banques que leurs ratios de leviers supplémentaires (face aux risque) les plus bas, soient d'au moins 3% de leurs actifs. Mais on a pu noter, que cet indicateur chez Goldman Sachs et JP Morgan était de 3,3% et 3,1%. Normalement, ces faibles ratios signifient que les deux banques pourraient avoir à reconsidérer combien d'argent ils veulent retourner aux actionnaires sous la forme de dividendes et de rachats d'actions.

Anat Admanti

Pour Anat Admanti, les banques jouent avec le feu.

En réponse à la publication de la banque centrale américaine, Goldman Sachs a déclaré que ses prévisions concernant le niveau de ses fonds propres en période de récession avaient donné des résultats différents de ceux de la Fed. La banque a indiqué qu'elle prévoyait de discuter de la divergence sur ses données avec la Fed, avant le deuxième test de la semaine prochaine.

Morgan Stanley pour sa part a indiqué que la publication de la Fed n’influencera pas sa stratégie de dividendes.

Avec agenceecofin


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