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Situation actuelle des déplacés internes au Burkina Faso: Le Député du Sanmatenga se prononce sur la question.

Notre pays le Burkina Faso est confronté à la pire crise sécuritaire de son histoire, et l’une des conséquences majeures, c’est le déplacement massif des populations des zones affectées par les attaques terroristes.Nous nous sommes intéressés à l’action de l’institution parlementaire Burkinabè, pour comprendre le travail qui est fait en son sein face à cette situation  qui devient de plus en plus critique. « Elles sont victimes, elles quittent et abandonnent presque tout derrière elles, pour sauver ce qu’elles ont de plus chère : ‘La Vie’ ». Tel sont les propos de l’Honorable Mathias Ouedraogo, député UPC (Union pour le Progrès et le Changement), [parti d’opposition] , du Sanmatenga, que nous avons rencontrés dans les locaux de l’Assemblée Nationale, le lundi 8 juillet 2019.

10 Juil 2019    
La nourriture, l'eau, le logement, et la santé en attendant que des actions de sécurisations soient menées dans les villages abandonnées afin de permettre le retour des populations La nourriture, l'eau, le logement, et la santé en attendant que des actions de sécurisations soient menées dans les villages abandonnées afin de permettre le retour des populations

Afrique Media: Votre province, le Sanmatenga, est l’une des provinces au Burkina Faso qui enregistre le plus grand nombre de déplacés internes. Notre première question va commencer par la fin, la fin de cette crise sécuritaire. Pensez-vous que cette crise va prendre fin et à quel prix ?

 Honorable Mathias OUEDRAOGO : Merci de m’avoir accordé cet entretien. Cette une opportunité pour moi de revenir sur la question sécuritaire concernant notre pays. J’ai la grande conviction que cette crise prendra fin si tous les burkinabè s’engagent pour que cela prenne fin. En premier ressort, le président du Faso et son gouvernement  avec le concours de tous les burkinabè. Il n’y a pas de problème sans solution, mais la solution ne viendra pas d’ailleurs,  c’est au peuple burkinabè de décider et de prendre son destin en main et je le répète, les Burkinabè ont fait confiance au président Rock en 2015 et il a pris l’engagement de protéger et de faire respecter la constitution, de veiller à la sécurité des Burkinabès et il doit donc accomplir loyalement ses engagements avec le concours de tous les Burkinabè. L’opposition a toujours montré sa disponibilité à accompagner le gouvernement en dénonçant souvent certains manquements.  Elle a mainte fois répété qu’il faut équiper convenablement les forces de défense et de sécurité, qu’il faut aussi travailler à ce que les Burkinabè se parlent.

 Afrique Media: Que fait et que peut faire les parlementaires face à la situation des déplacés ?

Honorable Mathias OUEDRAOGO : Le rôle régalien d'un parlementaire c'est de voter le budget, contrôler l'action du gouvernement, et aussi contribuer à interpeller de temps en temps le gouvernement sur la gestion du pays. Dans ce contexte d'insécurité et de crise humanitaire le député devient celui-là qui est au four et au moulin. Il doit travailler au respect des droits de l'homme, il doit aussi écouter les populations en détresse et interpeller le gouvernement pour qu'il mette les moyens conséquents pour rétablir la sécurité. Dans une telle situation le député ne peut rester indifférent. Tout le monde est interpellé, les parlementaires font ce qu'ils peuvent à leur niveau pour que la sérénité revienne dans notre pays.

Vous allez d'ailleurs remarquer que, lorsqu'une loi concernant le volet sécuritaire arrive à l'assemblé, il n'y a pas d'opposition ni de majorité, tout le monde est unanime pour accompagner le gouvernement afin qu'il puisse réaliser des actions concrètes pour ramener la sécurité dans notre pays.

Afrique Media : Quelle est la situation actuelle des déplacés dans la province du Sanmatenga ?

Honorable Mathias OUEDRAOGO : Je ne peux pas vous donner de chiffres exacts de peur de me tromper. Mais à parti du constat que je fais sur le terrain, je peux vous affirmer que c'est des dizaines de milliers de déplacés qui sont dans la province du Sanmatenga. Ce sont des populations qui ont fuis leurs villages pour échapper aux actions terroristes. Elles sont victimes, elles quittent et abandonnent presque tout derrière elles, pour sauver ce qu’elles ont de plus chère : ‘La Vie’. Et par conséquent se retrouvent dépourvus de tout. Ce sont des gens qui n'ont absolument rien, qui n'ont pas à manger, qui n'ont pas où se coucher, et dépendent de la solidarité familiale dans les zones d'accueilles  et je pense que cela ne peut pas continuer pendant longtemps. Il faut que le gouvernement pause des actions fortes pour permettre à ces populations de retourner chez elles et vaquer paisiblement à leurs occupations.

Afrique Media: Avez-vous personnellement rencontré des humanitaires au des agents du CONASUR (Conseil National de Sécours d'Urgence et de Réhabilitation)  pour vous enquérir des actions qui sont faites sur le terrain?

Honorable Mathias OUEDRAOGO : Comme je l'ai dit au départ, le rôle du parlementaire c'est d'interpeller. Depuis les évènements malheureux de janvier 2019, on n'a cessé d'interpeller le gouvernement. Je peux vous dire qu'actuellement la situation s'est empirée avec les flux des populations vers les chefs-lieux de communes. Notre devoir c'est de toujours interpeller et je le fais et je ne cesserai de le faire pour que notre population retrouve la paix. Que ce soit les humanitaires comme le gouvernement nous saisissons toutes les opportunités.

Afrique Media: Avez-vous des recommandations à faire pour gérer les déplacés?

Honorable Mathias OUEDRAOGO : La première recommandation, c'est la sécurité. On a beau apporter de l'aide tant qu'il n'y a pas le minimum de sécurité qui va permettre à ces populations-là de repartir vivre paisiblement chez elles, elles ne retourneront pas. La seconde recommandation, c'est de parer au plus pressant. C'est de permettre à ces populations d'avoir le minimum vital, à savoir la nourriture, l'eau, le logement, et la santé en attendant que des actions de sécurisations soient menées dans les villages abandonnées afin de permettre leurs retours. Tout est urgent, mais il faut un ensemble d'actions coordonnées pour permettre une grande efficacité dans la résolution du problème.

Afrique Media: Pensez-vous, réellement que les élections auront lieu en 2020?

Honorable Mathias OUEDRAOGO : Pour nous, le mandat électif au Burkina Faso à une durée et c'est cinq ans. Ce mandat prend fin en 2020, il n'y a pas de raison qu'il n'y ai pas d'élections.

Et d'ailleurs, c'est pour cela que nous invitons le chef de l'Etat à travailler à ce que la paix revienne pour que les élections soient organisées de façon paisible au plan national. La date buttoir pour les élections, c'est novembre 2020, pas plus pas moins.

Afrique Media : Qu'attendez-vous des élections de 2020.

Honorable Mathias OUEDRAOGO : Les élections de 2020, représentent pour nous, un ensemble de processus qui va permettre au Burkinabè de faire le bilan de ceux qui nous dirigent et de revoir l'opportunité que d’autres personnes proposent et de faire le choix. Au moment venu, le peuple décidera.

Afrique Media: Nous sommes à la fin de cet entretien, quel est votre mot de fin.

Honorable Mathias OUEDRAOGO : C'est moi qui vous remercie, et je profite de cette opportunité pour renouveler mes encouragements aux forces de défense et de sécurité qui travaillent inlassablement, pour la quiétude des populations.

Je profite aussi lancer un appel à tous les Burkinabè, la solidarité doit d'abord commencer par les Burkinabè entre eux. Ils doivent avoir cet esprit de partage envers leurs frères et sœurs qui souffrent en ces moments difficiles. A tous les fils et filles de ce pays, je lance un appel à l’union pour ramener la paix au Burkina Faso.

Interview réalisée par :

Éric Balele Bamouni, Eusebe Bado

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