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Présidence de la commission de l’UA: Les chantiers de Moussa Faki

Doté du pragmatisme sécuritaire d’Idriss Déby Itno, et du sens élevé de la médiation et du consensus, le nouveau président de la Commission de l’Union Africaine doit travailler à la stabilité et l’apaisement.

12 Mar 2017    
Moussa Faki Moussa Faki

 Si son engagement, dans l’offensive diplomatico-sécuritaire du Tchad dans la lutte contre le terrorisme l’a porté à la tête de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat doit également travailler à réconcilier les africains dans leurs différents pays.

Quelques heures seulement après son élection, Albert Bella le porte-parole d’une plateforme de l’opposition congolaise l’invitait à bâtir un consensus entre l’opposition et la majorité présidentielle au Congo Brazzaville. Et de mettre fin à la détention d’hommes politiques ainsi qu’à la guerre qui sévit toujours dans la région du Pool. Au Cameroun, les leaders anglophones, dont beaucoup sont en détentions pour avoir demandé le fédéralisme en contradiction avec l’actuelle constitution du pays, interpellent également l’UA pour une médiation pouvant conduire à l’apaisement. Moussa Faki sera aussi suivit sur le cas de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire où sa médiation pourrait relancer le processus de justice de paix  et permettre à près d’un demi-millier d’ivoiriens de sortir de prison et de réintégrer la vie politique.    

Anticiper sur une éventuelle montée djihadiste au Sahel

Véritable cheville ouvrière du leadership sécuritaire tchadien au Sahel, Moussa Faki devrait travailler à consolider dans cette partie du continent les moyens communs mis en place pour anticiper et lutter contre le terrorisme radical. Il pourrait par exemple travailler à déclencher la mise en place effective de la force multinationale mixte, en gestation entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Les trois pays viennent en effet de signer un traité visant à mettre en place une force conjointe pour lutter contre l’insécurité et le terrorisme à leurs frontières communes.      

Une alliance militaire multinationale qui, une fois effective, se chargera de prévenir toute implantation de mouvements armés dans la zone du Liptako-Gourma, qui regroupe les trois pays voisins. Elle s’inscrit dans la volonté commune des trois pays sahéliens d’œuvrer pour la stabilisation des régions désertiques qui se trouvent à leur carrefour. De telles initiatives devront être suivies et accompagnées par l’Union Africaine et sa commission afin d’éviter toute nouvelle percée de mouvement terroriste au Sahel.

La région du Liptako-Gourma s’étale sur plus de 370 000 kilomètres carrés, en grande partie désertique. Aussi, le niveau de vigilance des militaires affectés à cette force sera fortement amoindri du fait de la très grande superficie qu’ils seront amenés à surveiller. D’où l’importance d’un accompagnement de l’Union Africaine.

Cette nouvelle entité militaire, elle-même composante de la force conjointe du G5 Sahel décidée en novembre 2015 à N’Djamena, sera façonnée à l’image de la Force multinationale mixte créée par le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Bénin et le Cameroun contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.

Autofinancement des opérations de sécurisation et maintien de la paix

Pour bâtir une véritable stabilité sur le continent africain, le nouveau président de la Commission de l’UA ne devrait pas oublier de souffler aux chefs d’Etat la nécessité d’un autofinancement africain des différentes opérations en cours, à l’exemple des pays du bassin du lac Tchad qui autofinancent, avec succès, depuis bientôt 03 ans la guerre contre Boko Haram.

En finançant elle-même ses différentes missions de stabilisation et de maintien de la paix, l’UA se donne une grande marge de décision, capital pour le succès des opérations. On a encore à l’esprit le cas de la mission de l’Union Africaine en somalie où la décision de l’Union Européenne, pour des raisons de sanction contre Bujumbura, de ne plus payer les soldats burundais, engagés dans l’Amisom a faillit provoquer le retrait du contingent burundais de la force. Ce qui aurait été un handicap pour la mission.

Référer à Bruxelles le financement des opérations militaires de l’UA c’est également transférer à l’Union Européenne une partie de la décision stratégique dans la gestion des opérations. Ce qui en soit pose un problème de souveraineté.

Guy Nfondop

 

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