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Les Zimbabwéens divisés sur l'héritage de Robert Mugabe

L'ancien président zimbabwéen Robert Mugabe est décédé à 95 ans. Certains rendent hommage à un "champion" de la lutte contre le colonialisme, d'autres en gardent un souvenir très amer.

09 Sep 2019    

 Au sein de la société zimbabwéenne, l’opinion reste divisée depuis le décès ce vendredi 6 septembre de Robert Mugabe, héros de l'indépendance qui a dirigé d'une main de fer son pays de 1980 à 2017, soit pendant 37 ans de règne.

Il décède moins de deux ans après avoir été poussé à la porte. Certains Zimbabwéens pleurent sa mort, comme cette dame :

"Je pense que le président Robert Mugabe était un leader depuis qu’il avait été choisi pour être président du Zimbabwe. Il a laissé le Zimbabwe sur un bon chemin. Nous disons que son âme repose en paix."

Pas de pardon pour Mugabe?

Pour autant, d’autres Zimbabwéens sont amers. Ils ne regrettent ni sa fin de règne ni la mort de l’ex-président :

"Il ne voulait pas donner la chance aux autres. Et ce n’est pas une bonne chose. Maintenant nous avons un gros problème, juste parce qu’il ne pouvait pas contrôler ses gens."

Un autre jeune Zimbabwéen abonde dans le même sens :

"Politiquement, il avait sa vision, malheureusement beaucoup de gens n’étaient pas d’accord avec lui. Il n’était pas très bon pour son peuple. J’espère que maintenant qu’il est décédé, le Zimbabwe va être capable de devenir le pays qu’il était censé être, engagé dans l’économie tel qu’il était supposé être. "

La bipolarisation des opinions au Zimbabwe reflète ce que sont aussi les opinions au niveau international.  

Liesl Louw-Vaudran, chercheuse à l’Institut des Etudes pour la sécurité explique : "Même les simples militants des partis politiques en Afrique sont très divisés. C’est quelqu’un qui a profondément divisé l’opinion publique. C’était une grande figure anticoloniale, anti-occidentale, et bien sûr pour une certaine audience, un héros. Mugabe quelque part polarisait l’opinion. Et maintenant qu’il est décédé, on a l’impression qu’il y en a certains qui préfèrent oublier que l’Etat est laissé en ruine. "

Les réactions internationales

Effectivement, nombre de chefs d’Etat africains se sont retrouvés du même côté que la Chine ou encore la Russie pour saluer la mémoire du "combattant de la libération du Zimbabwe" et du "champion de la cause africaine contre le colonialisme, contrairement à des pays européens tel que le Royaume-Uni, l’ancienne puissance colonisatrice du Zimbabwe ou que des organisations telles qu’Amnesty International.

C'est finalement dans la deuxième moitié de son règne que l’ex-président a été particulièrement critiqué. Selon Liesl Louw-Vaudran, "il n’était pas un grand démocrate dès le départ et nous savons tous qu'au début des années 80, il y avait ces attaques contre l’ethnie des Bèlè dans le sud du Zimbabwe. Il était intolérant mais en même temps il gérait bien l’économie.

Avec DW

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