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La menace d’une intervention militaire égyptienne en Libye inquiète

Alors que le maréchal Haftar essuie revers sur revers depuis que la Turquie a formalisé et renforcé son soutien militaire au camp rival du gouvernement d’Union nationale de Fayez al-Sarraj, le président égyptien al-Sissi menace à son tour d’intervenir militairement en Libye pour contrecarrer l’influence croissante de la Turquie. Une perspective qui inquiète le groupe de contact sur la Libye de l’Union africaine, qui a tenu une réunion par visioconférence en début de semaine.

22 Mai 2020    
Dans un marché de la vieille ville de Tripoli, en Libye, le 16 janvier 2020. Dans un marché de la vieille ville de Tripoli, en Libye, le 16 janvier 2020. REUTERS/Ismail Zitouny

 C’est une déclaration du président al-Sissi à la télévision égyptienne le week-end dernier qui a réveillé les craintes du groupe de contact de l’Union africaine. Dans cet entretien, il menace d’engager son armée en Libye si l’ANL de Khalifa Haftar « devait être mise en difficulté » dans sa « lutte contre le terrorisme ». Comprendre, contre le GNA de Fayez al-Sarraj, dans le langage du chef de l’État égyptien. « Un affrontement direct entre la Turquie et l’Égypte sur le sol libyen – et plus seulement par procuration - compliquerait encore davantage le retour à la paix », redoute un diplomate, martelant la position de l’Union africaine selon laquelle « il n’y a pas d’issue militaire » au conflit libyen.

Menace réelle ou dissuasive ? Difficile à dire. L’Égypte se montre généralement réticente à engager son armée en dehors de ses frontières. Mais reste qu’à mesure que le maréchal Haftar perd du terrain ces dernières semaines, sa capacité à exercer un contrôle absolu sur l’est libyen s’effrite elle aussi. Ce qui réactive aux yeux de l’Égypte le spectre d’une « déstabilisation sécuritaire à ses frontières », selon le chercheur Naji Abu Khalil, co-directeur du programme Libye de Noria Research. Sans oublier la menace que représente l’influence turque en Libye « pour ses intérêts pétroliers et gaziers » dans le pays. Le tout « nourrit, explique le chercheur, une lutte d’influence idéologique très forte entre l’Égypte et la Turquie, perçue par le Caire comme le sponsor d’un islam politique » qu’elle combat. 

 

Source: rfi

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