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ANGOLA : Séparation claire de l’Etat de droit- Le président de la Cour Suprême en proie à la diffamation démissionne

Peu après son entrée en fonction, le président LOURENCO s'est engagé à réprimer la corruption et à utiliser la juste application de l'état de droit pour le faire. Dans le même temps, il a récemment accepté la démission de Rui FERREIRA, le président de la Cour Suprême ; Une démission n’émanant pas de sa volonté. Ce dernier a subi une pression constante pour se retirer de ce qu'il appelait dans sa lettre de démission comme une "campagne intense et cruelle de mensonges, de fausses déclarations sur les faits, d'intrigues, de calomnies et d'insultes". Il a affirmé que la campagne portait atteinte à sa réputation, à sa dignité et même à sa santé. Une situation qui selon lui n'augure rien de bon pour la primauté du Droit. Notons que son départ de la Cour Suprême d’Angola a laissé le cas de Jose Filomeno Dos Santos dans une situation délicate. Ce dernier avait été rassuré que son dossier serait clos en décembre de cette année ; Toutefois la démission du juge Rui FERREIRA fragilise donc l’issue du dossier.

04 Nov 2019    

 Le spectre d'Aung San Suu Kyi hante l'Occident. Jadis remplie de louanges et de récompenses, elle s'est depuis transformée en paria après avoir fermé les yeux sur le génocide de la minorité Rohingya et l'emprisonnement de journalistes. L'Occident s'est depuis demandé si les signes avant-coureurs étaient là depuis le début. Ils étaient bel et bien là ; Le problème est que les dirigeants du monde en développement savent ce qui fait tourner le monde développé, et ils exploitent cette connaissance. L'Occident a dû prendre ses distances après avoir été trop impatient de trouver une réussite. La même erreur est commise au sein du parti du président angolais Joao LOURENCO, qui a utilisé une campagne anti-corruption pour renforcer son contrôle personnel sur le pays sud-africain.

    Moins d'un mois après avoir reçu le prix Nobel de la paix, le Premier ministre éthiopien Abiy AHMED a menacé de guerre contre l'Egypte tandis que ses forces de sécurité tuaient les manifestants dans les rues. Les mêmes signes étaient visibles, mais l'Occident a été séduit par le récit sélectif de la paix avec l'Érythrée et par un succès dans la corne de l'Afrique. En Afrique australe aussi, un autre dirigeant tente de promouvoir un récit adapté au public occidental.

En mai dernier au Portugal, un tribunal a décidé que l'ancien vice-président angolais Manuel DOMINGOS VICENTE serait jugé à Luanda, plutôt qu'à Lisbonne, pour corruption et blanchiment d'argent. Les sommes en cause étant très considérable. Il a été accusé d'avoir corrompu le procureur portugais Orlando FIGUERA avec 760 000 euros (850 000 dollars) pour avoir déposé une enquête sur ses activités au Portugal ; Activités qui visaient à acheter de l'immobilier luxueux portugais avec des fonds inconnus. Notons que Vicente était à la tête de la compagnie pétrolière nationale SONANGOL à l’époque, le pilier central de l’économie angolaise dépendante des exportations de pétrole. Cette compagnie a été laissé en ruine financière après son mandat, et c’est l’un des principaux moteurs des malheurs économiques actuels de l’Angola. 

     Le président portugais Marcelo REBELO de SOUZA a déclaré que la décision de la Cour éliminerait un "irritant" dans les relations bilatérales. L'Angola s’est également exprimé ; le ministre des Affaires étrangères Augusto SANTOS SILVA a déclaré aux médias que la décision de justice "devrait créer les conditions pour l'approfondissement des relations bilatérales".  Il convient de souligner que "L'Angola considère cette question comme un obstacle qui ne permet pas à la relation d'atteindre un niveau plus élevé qui peut maintenant être facilement atteint".

Le président LOURENCO a affirmé que l'enquête portugaise sur Manuel DOMINGOS VICENTE mettait en péril la souveraineté de l'Angola, une ancienne colonie portugaise. Le mois précédant la décision, il a renvoyé l'ambassadeur angolais à Lisbonne et s’est abstenu d'en nommer un nouveau pour faire pression sur le Portugal. Cela a été une réussite, Manuel  VICENTE n'ayant pas encore obtenu justice.

Le prince héritier saoudien Mohammed Bin SALMAN a été salué comme le grand réformateur du Golfe et a fini par être accusé d'avoir ordonné l'assassinat et le démembrement d'un journaliste saoudien dans une ambassade étrangère. Les attentes n'ont pas seulement été satisfaites, mais brisées.

Précisons que Marcolino MOCO, un ancien premier ministre sous l'ex président Jose Eduardo dos SANTOS pendant la guerre civile angolaise, a été démis de ses fonctions. Plus tard, il devient un critique bruyant de l’ordre angolais d’après-guerre que Dos Santos présidait. Mais pour Moco et ses proches, l'ère LOURENCO n'est pas la terre promise prévue d'être.

"Je suis très préoccupé, par exemple, par le genre de justice qui est faite et où elle se terminera", a-t-il déclaré dans une longue interview avec les médias lusophones. "Je suis très inquiet de penser que tout le monde doit aller en prison. Qu’est ce qui restera ? L'idée est inquiétante, et il semble que cela rehausse certains, car démagogique de dire que quelqu'un doit payer. Ce qui se passera, c'est que le pouvoir judiciaire sera tellement absorbé par le passé qu'il n'aura pas le temps de s'inquiéter de ce qui se passe maintenant", a-t-il ajouté. "Les gens continueront à voler, parce que les procès prennent trop de temps, occuperont les procureurs et les juges avec le passé, et ceux qui agissent aujourd'hui et dans le futur continueront à voler. "Les sinistrés veulent dire à leurs propres frères qu'ils sont des pécheurs ; Nous devons changer notre philosophie, penser que le pouvoir est pour le service et non pour la vengeance, ni pour constamment diviser la nation entre le bien et le mal."

L'effet conjugué de la détérioration de l'état de droit et de l'application sélective de la justice est que la corruption sévit toujours en Angola. Cette semaine, la France a annoncé qu’elle ouvrait une enquête sur Eiffage Génie Civil, une société française accusée d'avoir corrompu de hauts fonctionnaires angolais en échange de contrats d'un million de dollars signés par le ministère angolais de l'Énergie.

L'Occident doit enfin tirer les leçons de son histoire et regarder les actions des dirigeants du monde en développement plutôt que leurs paroles. La liste des dirigeants que l'Occident a regretté d'appuyer est longue.

Le président LOURENCO au regard de la situation, se doit de prendre des mesures plus rigoureuses et efficaces.

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