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Afrique du Sud : Jacob Zuma accusé d'avoir utilisé les services secrets pour ses intérêts

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma a largement utilisé les services de renseignement du pays pour servir ses intérêts politiques et personnels, notamment contre son successeur Cyril Ramaphosa, accuse un rapport officiel.

10 Mar 2019    

Publié samedi à l’initiative de M. Ramaphosa, ce document rédigé par une brochette d’experts conduite par l’ex-ministre Sydney Mufamadi, détaille sur une centaine de pages une longue série de “sérieuses violations de la Constitution” qui ont abouti à une “politisation du renseignement”.

Des membres de l’Agence de sécurité d’Etat (SSA) ont mené, sur ordre de M. Zuma et de son ministre en charge de la Sécurité d’Etat, une campagne visant à empêcher Cyril Ramaphosa de lui succéder à la tête du Congrès national africain (ANC) au pouvoir et de l’Etat. 

Une “unité spéciale” a ainsi lancé en 2016 “trois opérations visant à empêcher la distribution de propagande électorale (au profit de M. Ramaphosa), à empêcher le transport de groupes dissidents (hostiles à M. Zuma)”, écrit le rapport.

“Cette unité a pu infiltrer la direction du mouvement hostile au président de l‘époque”, ajoute le document.

Vice-président de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa lui a succédé à la tête de l’ANC en décembre 2017. Il l’a contraint deux mois plus tard à la démission de la présidence du pays à cause des scandales de corruption qui ont émaillé son règne.

Des poursuites judiciaires exigées contre les fonctionnaires de la SSA

Les auteurs du rapport ont également déploré que la SSA soit devenue, pendant la présidence Zuma, la “vache à lait” de nombreux proches du pouvoir. M. Ramaphosa a promis de tourner la page des années Zuma et d‘éradiquer la corruption.

Dans un communiqué, il a déploré “le détournement et la factionnalisation de la communauté du renseignement lors de la dernière décennie” et promis de réforme la SSA, évoquant sa “séparation en deux unités, l’une en charge de la sécurité intérieure, l’autre extérieure”.

Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), a exigé “la suspension immédiate de tous les fonctionnaires impliqués” et “l’ouverture de poursuites judiciaires”.

Régulièrement mis en cause, Jacob Zuma n’est pour l’heure poursuivi que dans une affaire de ventes d’armes datant de la fin des années 1990 pour avoir touché des pots-de-vin. 

Des élections générales on lieu le 8 mai en Afrique du Sud.

Avec africanews

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